Co-développement

Le PCR propose la création d’une Fondation Francis Sautron

Conférence « Francis Sautron une histoire commune : Madagascar-La Réunion », 22 mars 2019 à Antsiranana

Témoignages.re / 23 mars 2019

Lors de la conférence sur Francis Sautron, organisée à Antsiranana, commune de Madagascar dont le syndicaliste réunionnais fut maire, Ary Yée Tchong Tchi Kan, secrétaire aux Relations internationales du PCR, appela à progresser vers la réconciliation par une meilleure connaissance mutuelle, en proposant deux actions : accentuer la connaissance historique avec une approche scientifique et créer une Fondation Francis Sautron, structure dédiée pour accompagner des projets à Madagascar.

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Ary Yée Tchong Tchi Kan rappela qu’un travail sur Francis Sautron a également été initié à La Réunion. Cela s’est traduit par une conférence tenue par le secrétaire aux Relations internationales du PCR avec Raoul Lucas à l’université.
« La relation entre Madagascar et La Réunion ne peut être assimilé à l’histoire de la colonisation française », poursuit-il. Il annonça la participation de la délégation à une olympiade exposant des différents aspects de l’histoire de Moramanga. Le but est de passer l’histoire de Moramanga de l’oral à l’écrit, afin que cette connaissance ne soit pas perdue.
Cette action se situe dans le prolongement de la venue d’une délégation réunionnaise à Moramanga en 2017, afin de participer à la commémoration du 70e anniversaire du massacre de 1947 à Moramanga. La délégation réunionnaise avait alors rencontré une cinquantaine d’anciens combattants.

« Nous avons besoin de cette histoire, si nous l’oublions nous sommes condamnés à subir à nouveau de tels événements », poursuit-il, « nous avons une pensée pour les Réunionnais engagés dans l’armée coloniale qui ont refusé de tirer sur les Malgaches. Certains ont déserté et sont devenus apatrides ».
Ary Yée Chong Tchi Kan rappela également la contribution de Madagascar à la formation de plusieurs générations de cadres réunionnais. A La Réunion, il n’y avait qu’un lycée. Beaucoup d’enfants de la bourgeoisie ne pouvaient pas y accéder. Ces enfants sont alors allés au lycée à Madagascar, sont restés pour étudier et sont revenus diplômés.

Cette histoire va disparaître. Grâce au travail de Raoul Lucas, plus de 180 Réunionnais ayant étudié à Madagascar ont été recensés. Sans Madagascar, ils n’auraient pu faire des études et devenir médecin, professeur, avocat.
« Nous croyons à la relation de voisinage. Nous avons créé l’an dernier à Antananarivo le premier Forum politique des îles. Le second cette année évoquera des projets. Un appel à projet est lancé. Le bon voisinage dépend d’une volonté politique, la diplomatie des peuples permet à la population de se rencontrer », ajouta le dirigeant communiste réunionnais, « retrouvons-nous et avançons ensemble. Comment réconcilier la population divisée par la colonisation, alors que les premiers enfants nés à La Réunion avaient des mères malgaches ? ».

De là découlent deux propositions du PCR :
- Accentuer la connaissance historique avec une approche scientifique
- Proposition de la création de la Fondation Francis Sautron, une structure dédiée pour accompagner des projets à Madagascar.



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Messages






  • Madagascar a effectivement accueilli de nombreux réunionnais pour leur permettre de continuer leurs études . Certains sont allés dans les lycées public et d’autres dans des établissement religieux .

    Comme j’ai fait mes études secondaires au petit séminaires de Cilaos et que ce établissement ne pouvait plus permettre à ses élèves de continuer jusqu’au baccalauréat après la seconde j’ai été envoyé avec six ou sept autres séminaristes au collège saint Michel de Tananarive pour continuer mes études . Nous devions y passer deux années mais dès la rentrée scolaire de 1968 nous sommes revenus l’ile de la Réunion où nous avons intégré l’établissement de l’Immaculée Conception située Rue de Paris à Saint Denis , car cet établissement qui était une école religieuse réservée aux filles commençait la mixité cette année là par sa classe de terminale .

    Mon passage à Madagascar montre bien qu’il existait à cette époque une complémentarité entre la Réunion et la grande île .
    C’est un peu dommage que cette complémentarité n’existe plus vraiment pour les réunionnais . C’est vrai que nous pouvons trouver chez nous tout ce dont nous avons besoin et qu’il ne nous est plus nécessaire d’aller à Madagascar pour terminer des études .Mais la complémentarité ne devrait pas s’arrêter au niveau d’un besoin scolaire mais déboucher sur une solidarité et un partage des richesses mais aussi des valeurs fondamentales qui nous animent et nous construisent.

    Il m’est difficile de dire aujourd’hui ce que m’a apporté mon bref passage Madagascar mais celui ci m’a certainement apporté quelque chose ne serait ce qu’un vague sentiment d’appartenance à une communauté fraternelle et universelle qui nous impose des devoirs et des obligations les uns envers les uns et le autres, quelque soit notre position sociale .

    A l’époque la Réunion commençait à sortir du statut colonial et commençait profiter des avantages de la départementalisation mais la situation d’une grande partie de la population n’ était pas plus enviable que celle de la majorité des malgaches et cette proximité fraternelle et solidaire était naturelle mais c’est dommage que le contexte international et notre intégration dans Le bloc des nations européennes nous ait fait perdre cette proximité .

    L’idée de créer une fondation Francis Sautron me parait être un bon moyen pour retrouver cette proximité fraternelle et solidaire qui devrait exister entre tous les territoires de l’océan indien qui ont été colonisés par le France pendant une partie de leur histoire . Le général De gaulle a offert à tous les peuples que la France avait colonisés la possibilité de faire partie d’une grande communauté ayant les moyens d’affronter efficacement les grands défis de l’histoire en marche .Mais aucune des anciennes colonies n’a pu voir les avantages que pouvaient apporter cette vision commune de l’avenir et elles ont toutes préféré affronter seule leur destin ( et il est probables de La réunion aurait choisi le même chemin si elle n’avait pas obtenu le statut de département français en mars 1946) . Malheureusement il faut bien se rendre à l’évidence qu’aucune nation aujourd’hui ne peut envisager l’avenir seule et que la loi de la jungle qui régit encore les peuples du monde dans la compétition vers le progrès oblige les rassemblement et les regroupements solidaires d’abord géographiques et culturel puis économique social et stratégique .

    Aujourd’hui nous sommes ancrés dans l’union européenne ; mais n’oublions pas notre appartenance géographique et culturelle aux peuples et nations de l’océan indien et que cette appartenance nous impose encore un devoir de solidarité fraternelle envers nos voisins .

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