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par le Dr Raymond Vergès

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Les Chagossiens, bientôt chez eux aux Chagos ! Ils ont besoin de la solidarité des Réunionnais

Conférence lundi 9 janvier à 17 heures à l’Université

samedi 7 janvier 2023, par Alain Dreneau, Georges Gauvin, Julie Pontalba


Ce 9 janvier à l’amphithéâtre bioclimatique de l’Université de La Réunion se tiendra à 17 heures une conférence de Philippe Sands, avec comme invités d’honneur Olivier Bancoult et Liseby Elysé du Groupe Réfugiés Chagos. Le Comité de solidarité Chagos-La Réunion et le Mouvement réunionnais pour la Paix appellent à la mobilisation pour le succès de cette conférence, acte de solidarité avec la lutte menée depuis 50 ans par les Chagossiens pour avoir le droit de vivre dans leur pays dont ils ont été expulsés.


Liseby Elysé, Olivier Bancoult, Georges Gauvin, Alain Dreneau et Julie Pontalba.

Pour tous ceux qui suivent attentivement la situation faite aux Chagossiens depuis des années, les évènements qui se sont produits dans leurs différentes péripéties ont de quoi désespérer. Cette stratégie de lassitude entretenue par la puissance occupante n’est pas le fait du hasard mais présente un caractère délibéré.
Dans son ouvrage récent intitulé « La dernière colonie », Philippe Sands cite une note destinée à l’ancien Premier ministre Harold Wilson, de laquelle il ressort que « le but c’est de les effrayer à coups d’espoir »
Toute l’histoire du peuple chagossien durant ces cinquante dernières années est marquée par cette stratégie : on les abreuve de promesses qui en fin de compte ne seront jamais tenues.
Obligés de quitter Diégo Garcia pour se réfugier dans les autres îles des Chagos, puis devenus indésirables dans les autres îles et expulsés en pleine nuit pour des raisons inconnues d’eux mais la menace de bombardements avait alors été brandie.
Lorsque le gouvernement du Royaume-Uni, de sa propre initiative étudie avec ses experts et les Chagossiens eux-mêmes la faisabilité du retour et que le rapport des experts est favorable, madame Thérésa May, Première ministre en novembre 2016 conclut à l’infaisabilité de l’opération. Elle propose alors une somme d’argent aux déportés qui refuseront cette aumône dans leur majorité — cette somme n’aurait d’ailleurs pas été versée.

L’affaire est portée devant l’ONU et la Cour internationale de La Haye.

Lorsque le gouvernement du Royaume-Uni fait en 2016 la promesse de négocier avec le gouvernement mauricien, cette promesse ne sera pas tenue bien que faite devant la plus haute instance internationale, l’ONU.
Devant les manipulations du gouvernement du Royaume-Uni, le gouvernement mauricien demande à l’ONU la saisine de la Cour internationale de La Haye, ce qui est fait et se termine, en 2019, par le jugement que l’on sait. Lorsque l’ONU exige de la Grande-Bretagne d’avoir à quitter les Chagos dans les six mois le Royaume-Uni fait part de sa décision de ne pas respecter les résolutions de l’ONU ni le jugement de la cour de La Haye.
Le temps a passé depuis, mais l’isolement international du Royaume-Uni apparaît de plus en plus grand. Suite à l’instabilité parlementaire dans le Royaume-Uni, il y a eu trois gouvernements successifs dont un n’aura duré que quarante jours. Au décès de la Reine Elisabeth remplacée par un roi sans aura mais désireux de resserrer les liens distendus avec le monde, le gouvernement décide alors de négocier avec Maurice. Cela s’est passé en novembre dernier.
S’agit-il d’une nouvelle péripétie dans la stratégie de la désespérance ? On le saura bientôt mais le monde a changé et une nouvelle supercherie de la Grande-Bretagne, si elle n’est pas exclue à cent pour cent, est néanmoins improbable… Dans l’ordre logique des choses Maurice devrait retrouver sa souveraineté.

Et les Chagossiens là-dedans ?

Ceux-ci n’ont jamais baissé les bras : avec le Groupe réfugiés Chagos dont le leader est Olivier Bancoult ils ont été présents sur tous les terrains possibles de lutte et nous Réunionnais devons louer leur courage et leur ténacité et continuer la solidarité avec nos frères et nos sœurs devant lesquels s’ouvre une période délicate d’action. Nous leur faisons confiance et souhaitons que tout se passe bien pour eux.
Mais nous devons nous dire que nos frères et sœurs ont plus que jamais besoin de notre solidarité active. Une occasion de le montrer se présente lundi avec la conférence de Philippe Sands juriste international, avocat, écrivain, auteur notamment d’un ouvrage sur la question des Chagos ayant pour intitulé « La dernière colonie ».
Les Chagossiennes et Chagossiens ont besoin de nous. C’est le moment de répondre présent.

Georges Gauvin, président du Comité Solidarité Chagos La Réunion
Alain Dreneau, secrétaire du Comité Solidarité Chagos La Réunion
Julie Pontalba, présidente du Mouvement Réunionnais pour la Paix


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