Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
En développant la transformation locale des minerais, Madagascar pourrait devenir un pôle industriel régional
11 février, par

La progression des exportations de cobalt malgaches met en lumière un potentiel stratégique pour l’ensemble de la région océan Indien. En développant la transformation locale des minerais en produits, Madagascar pourrait devenir un pôle industriel régional, au service de la transition énergétique et de l’autonomie économique de ses voisins, dont La Réunion.
Photo mine Ambatovy
Les données de la Banky Foiben’i Madagasikara révèlent une évolution significative des exportations minières en 2025. Les recettes issues du cobalt ont atteint 95,5 millions de dollars, contre 60,3 millions l’année précédente, soit une hausse de 58,5 %, portée par l’augmentation des volumes exportés et des prix internationaux. En revanche, les recettes du nickel ont reculé d’environ 5 % à cause de la baisse des cours, illustrant la vulnérabilité persistante de Madagascar aux fluctuations des marchés mondiaux.
Ces tendances rappellent l’importance stratégique des ressources minières malgaches dans un contexte de transition énergétique accélérée. Le cobalt, les terres rares et d’autres minerais critiques sont désormais au cœur des technologies vertes. Pourtant, leur exportation à l’état brut limite les retombées économiques locales et régionales.
Le développement de la transformation locale constituerait un tournant décisif. En investissant dans l’industrialisation, Madagascar pourrait produire et commercialiser des batteries, des panneaux photovoltaïques ou encore des véhicules électriques destinés au marché régional. Une telle stratégie accélérerait l’évolution du pays vers le statut d’économie émergente, tout en créant de nombreux emplois qualifiés. Ces emplois pourraient être assurés par une jeunesse malgache toujours plus nombreuse, formée et compétente, à condition que des moyens accompagnent cette montée en gamme par des politiques éducatives et industrielles adaptées.
Le développement de la transformation industrielle à Madagascar ouvrirait de nouvelles perspectives pour l’ensemble de l’océan Indien. En produisant localement batteries, panneaux photovoltaïques et véhicules électriques, la Grande Île pourrait devenir un fournisseur régional de solutions énergétiques durables. Une telle dynamique favoriserait l’émergence d’un tissu industriel, la création d’emplois qualifiés et la montée en compétence d’une jeunesse de plus en plus formée aux métiers techniques et scientifiques.
Cette stratégie renforcerait également la coopération régionale, notamment avec La Réunion, fortement dépendante des importations pour ses équipements énergétiques. Cette dynamique bénéficierait également à La Réunion, qui a besoin de ces équipements pour relancer la marche vers l’autonomie énergétique. Celle-ci a été sabotée depuis 2010 au profit de groupes étrangers contrôlant une large part du secteur de l’énergie.Ceci réduira la dépendance vis-à-vis de groupes extérieurs. À travers des partenariats industriels, universitaires et technologiques, Madagascar et La Réunion pourraient ainsi bâtir un modèle de développement solidaire, fondé sur la valorisation locale des ressources et les intérêts partagés de l’océan Indien.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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