La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Lettre du Mouvement réunionnais pour la paix « aux Députés et Sénateurs de la République Française »
26 juillet 2018

Le 20 juin dernier, le Mouvement réunionnais pour la paix a rédigé une lettre à l’attention des sénateurs et députés. Il leur demande d’agir pour que la France s’oppose à la position de la Grande-Bretagne qui refuse le retour des Chagossiens dans leur pays. Cette lettre rappelle que le 3 septembre, une audience concernant les Chagossiens a lieu devant la Cour internationale de justice de La Haye. Lors du vote demandant la saisine de cette cour, la France s’était abstenue. Le Mouvement réunionnais pour la paix souhaite que les parlementaires se mobilisent pour que la France change de position et soutienne le droit des Chagossiens de revenir dans leur pays d’où ils ont été chassés à cause de la construction de la base militaire de Diego Garcia.
« Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
A partir du 3 septembre 2018, la Cour Internationale de Justice (CIJ) devra se prononcer sur la légalité des décisions prises par le gouvernement britannique entre 1963 et 1973, qui ont conduit au déplacement de force de la population autochtone de l’archipel des Chagos et de le vider de tous ses habitants. L’une des îles, Diego Garcia, a été louée à bail aux Etats-Unis pour installer une base militaire sur laquelle travaillent des gens de nombreuses nationalités, sauf les Chagossiens.
En janvier 2017, la cause des Chagossiens a reçu le soutien de sept Prix Nobel de la Paix, dont Desmond Tutu, archevêque d’Afrique du Sud. En mai 2017, une délégation de Chagossiens a été reçue par le Pape François. Ces personnalités ont été sensibles au drame historique qui se déroule au coeur de l’Océan Indien.
Le 22 juin 2017, il y a un an, le gouvernement mauricien avec le soutien du Groupe Réfugiés Chagos (GRC) a décidé de faire appel aux instances internationales en présentant une motion à l’Assemblée des Nations Unies. Le vote s’est exprimé en faveur du texte : 94 Pour ; 15 Contre ; 65 abstentions, autorisant ainsi l’île Maurice à saisir la Cour Internationale de Justice (CIJ) de La Haye.
La France, puissance incontournable dans la zone Océan Indien, s’était alors abstenue.
Lors de l’audience de la CIJ, le 3 septembre 2018, nous souhaitons que la France soutienne la requête mauricienne pour permettre aux Chagossiens en exil forcé de retrouver leur terre natale et pouvoir, enfin, se recueillir sur la sépulture de leurs défunts. Cela représente un double intérêt, humain et territorial.
Permettez-nous de rappeler que, au nom de La Réunion, la France siège à la Commission de l’Océan Indien aux côtés de la République de Maurice. Les Chagossiens sont un peuple créole francophone. Ils ne sont en guerre contre aucun pays.
Nous vous remercions, par avance, des efforts que vous pourrez entreprendre pour infléchir la position du gouvernement français, en faveur de l’initiative de l’ONU.
Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, nos salutations distinguées.
Fait à Saint Denis de La Réunion, le 20 juin,
Pour le Mouvement Réunionnais Pour la Paix
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