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Mardi à Saint-Pierre : conférence d’André Oraison
23 août 2019, par

Mardi 27 août 2019 au Centre culturel de Saint-Pierre à 18h15, André Oraison, Professeur des Universités, Juriste et Politologue, tiendra une conférence-débat intitulée « L’océan Indien « zone de paix’ : objectif utopique ou plausible réalité ? ». Voici le résumé de la conférence :
« Après avoir été un « lac de paix franco-britannique » depuis le Congrès de Vienne de 1815, l’océan Indien est devenu une « zone de rivalités » américano-soviétique au début des années « 60 ». Mais en dépit de la fin du conflit idéologique et politique Est-Ouest, avec l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, les États-Unis maintiennent une présence dissuasive dans une région qui est toujours « en effervescence » afin de contrôler les flux pétroliers sur les routes maritimes qui traversent l’océan Indien.
De surcroît, les autres États membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU manifestent le désir d’être présents (la France), de venir (la Chine) ou même de revenir (la Russie) dans cette région pour diverses raisons. Enfin, des pays de l’océan Indien aspirent, eux aussi, à jouer un rôle plus important dans leur environnement maritime : notamment l’Inde, l’Iran et le Pakistan.
Dès lors, est-il possible de transformer l’océan Indien en « zone de paix » comme le souhaitent les États riverains ? Au plan chronologique, ce souhait a été formulé par Sri Lanka qui a fait voter, le 16 décembre 1971, la Résolution 2832 par l’Assemblée générale des Nations Unies.
Forgé par des États appartenant au mouvement des pays non-alignés, le concept de « zone de paix » implique le démantèlement des bases militaires des grandes puissances extra-régionales présentes dans l’océan Indien ainsi que la création d’une zone exempte d’armes nucléaires.
Cependant, des ambiguïtés et incertitudes ont surgi sur la signification et l’étendue d’un concept amphibologique qu’il paraît toujours difficile de cerner et de concrétiser. Il en est ainsi en raison notamment du champ d’application de la « zone de paix » qui, selon la Résolution 2832, concerne un espace maritime de plus de 75 millions de kilomètres carrés et implique, de surcroît, la participation de tous les États de l’océan Indien et ceux « de l’arrière-pays ».
Autant se demander si le fort louable et vieux concept de « zone de paix » dans l’océan Indien a vraiment des chances de devenir une réalité tangible dans un proche avenir. La question est posée. »
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