Décolonisation des Chagos

Olivier Bancoult bientôt en mission à Londres

30 avril

Une délégation chagossienne menée par Olivier Bancoult prévoit de se rendre à Londres pour défendre l’accord sur les Chagos et faire entendre une voix qu’elle juge majoritaire dans la communauté. Olivier Bancoult soutient que cet accord marque une avancée historique, notamment pour un possible retour sur les îles. Il conteste la légitimité de Misley Mardarin, critique certaines oppositions politiques britanniques et affirme que plusieurs organisations chagossiennes soutiennent pleinement cet accord.

« L’Express » du 28 avril, annonce qu’une délégation menée par Olivier Bancoult, accompagnée de plusieurs représentants chagossiens vivant à Maurice, a annoncé son intention de se rendre à Londres pour défendre ce qu’elle présente comme « la véritable voix » de la communauté sur l’accord en négociation concernant l’archipel des Chagos. Cette démarche aurait reçu un accueil favorable des autorités britanniques, qui y voient un moyen de mieux refléter les sensibilités diverses au sein de la communauté concernée.

Selon Olivier Bancoult, cette initiative est née de la volonté des Chagossiens eux-mêmes de corriger certaines interprétations qu’il juge erronées. Il critique notamment Misley Mardarin, qu’il accuse de s’être attribué un rôle de « first minister » sans légitimité reconnue. Pour Olivier Bancoult, la question de souveraineté ne peut être dissociée des décisions internationales, rappelant que la Cour internationale de justice ainsi qu’une résolution de l’ONU soutenue par 116 États ont reconnu que les Chagos relèvent de Maurice. L’ONU donnait 6 mois au Royaume-Uni pour déguerpir tout en l’enjoignant à favoriser le retour des Chagossiens dans leur pays dont ils furent déportés à cause de la construcion de la base militaie de Diego-Garcia.

Le dirigeant du Groupe réfugiés Chagos considère cet accord comme une avancée majeure, notamment parce qu’il ouvrirait, selon lui, la perspective d’un retour et d’une réinstallation de Chagossiens dans leurs îles, une option longtemps absente des discussions. Il affirme que ceux qui ont connu l’exil souhaitent une solution concrète et soutiennent largement ce compromis.

Certains responsables politiques britanniques tentent de diviser les Chagossiens

Olivier Bancoult dénonce aussi l’influence, selon lui, de certains responsables politiques britanniques hostiles à l’accord, citant des figures de l’opposition qui utiliseraient certains membres de la communauté à des fins politiques. Il estime que les opposants ne proposent aucune solution réelle pour les Chagossiens et qu’ils exploitent ce dossier pour leurs propres intérêts.
Il remet par ailleurs en cause la représentativité de Misley Mardarin, soulignant que les représentants chagossiens à Maurice sont élus dans un cadre officiel supervisé par la Commission électorale, contrairement à celui qui se revendique « first minister », dont le statut ne serait reconnu ni par Londres ni par Port-Louis.
Sur la proposition d’utiliser des tests ADN pour identifier les Chagossiens autorisés à retourner dans l’archipel, Olivier Bancoult rejette fermement cette idée, faisant valoir que les actes de naissance suffisent à établir l’origine des natifs chagossiens.
Il critique également certaines couvertures médiatiques britanniques qu’il accuse de donner une image faussée du soutien au sein de la communauté. Selon lui, plusieurs organisations chagossiennes, à Maurice, aux Seychelles et au Royaume-Uni, appuient l’accord.
À Londres, la délégation entend rencontrer des parlementaires de plusieurs bords politiques pour exposer sa position et plaider en faveur de la mise en œuvre de cet accord.

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Témoignages - 82e année


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