Co-développement

Plaidoyer pour l’émergence d’un nouveau concept de « zone de paix » dans l’océan Indien

Conférence d’André Oraison demain à l’Université

André Oraison / 25 février 2020

La prochaine conférence d’André Oraison est programmée demain à 17 heures 30 à l’Université de La Réunion, plus exactement dans l’Amphithéâtre Elie de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines. Suivie d’un débat contradictoire, cette conférence a pour titre : Plaidoyer pour l’émergence d’un nouveau concept de « zone de paix » dans l’océan Indien. Voici sa présentation :

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Après avoir été un lac de paix franco-britannique depuis le Congrès de Vienne de 1815, l’océan Indien est devenu une zone de rivalités américano-soviétique au début des années 60. Mais en dépit de la fin du conflit idéologique et politique Est-Ouest avec l’implosion de l’Union soviétique en 1991, les États-Unis maintiennent une présence dissuasive dans une région qui reste conflictuelle afin de contrôler les flux pétroliers sur les routes maritimes qui traversent l’océan Indien. De surcroît, les autres États membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies manifestent le désir d’être présents (la France), de venir (la Chine) ou même de revenir (la Russie) dans cette région pour diverses raisons. Enfin, des pays de l’océan Indien aspirent, eux aussi, à jouer un rôle plus important dans leur environnement maritime : notamment l’Inde, l’Iran et le Pakistan. Dès lors, est-il possible de transformer l’océan Indien en zone de paix comme le souhaitent les États riverains ?

Sur le plan chronologique, ce souhait a été formulé par le Sri Lanka qui a fait voter, le 16 décembre 1971, la résolution 2832 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Forgé par des États appartenant au mouvement des pays non-alignés, le concept de zone de paix implique le démantèlement des bases militaires des grandes puissances extrarégionales présentes dans l’océan Indien ainsi que la création d’une zone exempte d’armes nucléaires. Cependant, des ambiguïtés et incertitudes ont surgi sur la signification et l’étendue d’un concept amphibologique qui paraît toujours difficile à cerner et à concrétiser. Il en est ainsi en raison notamment du champ d’application de la zone de paix qui, selon la résolution 2832, concerne un espace maritime de plus de 75 millions de kilomètres carrés et implique, de surcroît, la participation de tous les États de l’océan Indien et ceux de l’arrière-pays. Autant dire que le fort louable concept de zone de paix dans l’océan Indien a peu de chance de devenir une réalité tangible dans un proche avenir.