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Jumelage entre La Possession et Barakani (Anjouan)
7 décembre 2004

Roland Robert, maire de La Possession, revient d’Anjouan, où il signait une charte de jumelage avec Barakani, une des 29 communes de l’île autonome. Plusieurs actions sont déjà envisagées, comme la création de cinq salles de classe ou la distribution de livres scolaires.
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Depuis 25 ans, La Possession pratique une véritable politique de coopération décentralisée. Avec Port-Louis d’abord, puis en France hexagonale avec Villeneuve d’Ascq en 1989, la ville malgache d’Antanifotsy en 1995 et la ville de Foshan en Chine en 1997.
Suite à une sollicitation du président de l’Île d’Anjouan, désirant nouer ses relations avec l’une des communes de notre pays, le conseil municipal de La Possession validait le 14 juin 2002 le principe de relations privilégiées avec la ville de Barakani, l’une des 29 communes de l’île autonome.
Située dans la partie Nord d’Anjouan, cette ville comprend trois localités : Barakani, qui est le chef-lieu, Gnatranga et Patsy. Pour une superficie de 150 kilomètres carrés, cette commune compte 12.000 habitants.
L’économie anjouanaise est principalement basée sur deux secteurs : l’agriculture (girofle, vanille, ylang-ylang, poivre) et la pêche, pour le marché local.
Côté infrastructures, tout reste sommaire. À son retour d’Anjouan, où il a signé une charte de jumelage avec Barakani, Roland Robert indique que, pour l’ensemble de la commune, il n’existe que 4 écoles primaires... pour 2.400 élèves. Un système de roulement a été imaginé pour que tous puissent bénéficier de l’instruction. Ainsi, ceux qui participent aux cours du matin laissent la place à d’autres camarades dans l’après-midi.
Par ailleurs, l’île compte une vingtaine d’écoles coraniques, sa population étant composée à 99% de musulmans. En matière d’électricité, Anjouan abrite deux centrales, dont l’une, thermique, est située à Patsy, où est également installée une usine de mise en bouteille de Coca-cola. L’économie anjouanaise est tout autant sommaire que son bâti. D’où le rôle de l’entraide entre peuples frères.
"Les jumelages sont devenus les instruments d’une réelle coopération active entre les villes, un réel partenariat entre celles et ceux qui y prospèrent. Avec à la clé, cette exigence de cœur : l’intersolidarité, associant la notion de paix à celles d’économie, de social et de développement durable", explique Roland Robert.
Si le concept de jumelage entre villes avait le but avoué de "consolider les liens entre les anciens alliés et contribuer à une réconciliation de toutes les populations", il est aussi, sinon surtout, un concept d’entraide pour des pays qui s’émancipent, en respect des différences et des richesses mutuelles de chaque peuple.
Cette entraide est déjà palpable sur le terrain, par l’action de Daniel Guérin, un ancien de l’Association pour la promotion rurale, qui travaille aujourd’hui dans la coopération régionale, tout comme M. Picard, qui œuvre en tant que volontaire du progrès. Cela doit également s’accompagner d’une ferme solidarité de la part des politiques.
La mairie de La Possession et son équipe s’y attellent, avec des actions aussi diverses que fournir du matériel informatique à une bibliothèque malgache, mettre à disposition une employée de mairie pour organiser le service d’état civil à Mayotte, etc.
Le jumelage avec la ville de Barakani se développera autour de deux axes prioritaires : l’éducation et l’organisation administrative.
Pour l’éducation, la coopération se déclinera en 3 étapes. Dès la rentrée scolaire, le maire de La Possession souhaite mettre en correspondance des élèves de la ville avec ceux de Barakani.
Pour aider à l’enseignement, une récolte des livres non utilisés dans les écoles possessionnaises sera effectuée, pour les distribuer aux enfants de Barakani, notamment les livres de français et de sciences, mais également des dictionnaires. Par ailleurs, il est envisagé de créer 5 salles de classe, pour pallier la surpopulation dans les murs scolaires.
L’autre axe de cette coopération est l’organisation administrative. On sait que la création de communes est récente à Anjouan. Elle remonte à l’an 2000 seulement.
D’où la nécessité de structurer ces communes, dans la mise en place de l’état-civil, du plan cadastral de la commune, mais également le montage d’un dossier technique et financier, en vue de la modernisation de la mairie. C’est peut-être une simple pierre à l’édifice. Pourtant, la population de Barakani considère cette charte de jumelage comme un signe d’espoir pour lutter contre la pauvreté.
Bbj
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