Co-développement

Prix du billet d’avion obstacle au développement de notre région

Un problème à résoudre

Manuel Marchal / 20 août 2018

Avec le problème des visas pour se rendre à La Réunion, le prix du billet d’avion est un obstacle majeur au développement de notre région. Les tarifs pratiqués sont en effet plusieurs fois plus élevés que ce qui se pratique dans l’autre hémisphère, alors que le pouvoir d’achat est bien plus faible dans notre région.

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Exemples de prix, liste non exhaustive...

Lors du Forum politique des îles de l’océan Indien, les participants ont souligné l’importance de mieux se connaître entre voisins. Notre région est en effet peuplée d’habitants qui ont des racines historiques communes, mais qui ont été divisés par la colonisation et qui sont devenus des concurrents dans la mondialisation.

Cette division a multiplié les barrières. La première d’entre elle est celle des visas. Pour qu’un ressortissant d’un pays voisin puisse se rendre à La Réunion, il doit satisfaire à un nombre important de conditions drastiques qui limitent les déplacements, alors que dans l’autre sens, il est possible pour un voyageur venant de La Réunion de faire établir un visa à l’aéroport d’arrivée. Mais les visas ne sont pas le seul obstacle. Un autre est lié au coût financier du voyage.

Actuellement, l’avion est le seul mode de transport pour aller d’un pays à un autre dans notre région. Mais il s’avère que les tarifs proposés sont nettement hors de portée du salaire moyen dans nos pays. La recherche effectuée prend comme base un départ le 27 septembre prochain pour un retour le 7 octobre. Il porte sur des déplacements entre différentes capitales de notre région avec comme moyen de comparaison les prix pratiqués pour les liaisons intercontinentales vers l’Europe et l’Asie disponibles au départ de La Réunion.

Le constat est édifiant et la principale raison vient du manque de concurrence. Ainsi, entre La Réunion et Madagascar, la desserte est assurée par une compagnie, Air Austral et sa filiale, Air Madagascar, soit une situation de monopole. Elle a abouti à l’exclusion de Corsair qui proposait des tarifs 50 % moins chers sur la ligne Saint-Denis/Antananarivo.

Ces tarifs peuvent sembler accessibles pour une personne qui est payée en fonction du SMIC français, mais le SMIC français ne s’applique qu’à La Réunion, soit dans une île qui représente à peine 3 % de la population des îles du sud-ouest de l’océan Indien.

Autant dire que tant que les tarifs seront aussi élevés, le trafic ne pourra pas augmenter et restera marginal par rapport aux liaisons entre La Réunion et l’Europe. Il est donc important de réfléchir à des moyens pour faire baisser les prix. L’expérience de la ligne La Réunion-Paris rappelle que c’est la baisse des prix qui entraîne mécaniquement une augmentation du trafic. Ailleurs dans le monde, la baisse des prix a permis de proposer des vols à moins de 100 euros entre les capitales européennes.

Un des moyens d’aller vers la baisse des prix pourrait être la création d’une compagnie aérienne dont la raison d’être serait la mobilité dans notre région.

M.M.