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Lutte contre le SIDA à Madagascar
19 novembre 2004

Le service des maladies infectieuses du CHU d’Antananarivo accueille notamment les personnes vivant avec le VIH/Sida. Le mal s’étend dans la Grande Île, comme l’a confirmé le colloque régional “VIH-océan Indien” (Antananarivo, 8-10 novembre) auquel a participé l’association Réunion immuno-déprimés vivre et écouter (RIVE), qui structure dans l’océan Indien un réseau de solidarités et de compétences.
Le colloque “VIH-océan Indien” 2004 qui s’est tenu à Madagascar du 8 au 10 novembre a été ponctué de plusieurs temps forts. Il faut signaler en particulier les deux plaidoyers présentés par le docteur Catherine Gaud, du CHD de Bellepierre (La Réunion), devant l’Assemblée nationale et le Sénat malgaches ; ou encore le premier “coming out” de huit Malgaches vivant avec le VIH, lors d’une rencontre qui s’est tenue en présence de deux ministres de la Grande Île (Santé et Affaires étrangères).
Enfin, l’inauguration du service rénové du CHU de Befelatanana, accueillant à Antananarivo les malades atteints d’infections a été un autre temps fort de cette rencontre annuelle.
Initié en 2002 à l’Ile de La Réunion, ce colloque a lieu chaque année dans un pays différent de la zone océan Indien et permet, depuis trois ans, de faire le point sur l’épidémiologie, de partager des informations médicales, d’actualiser les connaissances en matière de prise en charge médico-sociale et de resserrer les liens entre les associations œuvrant dans chaque pays à la lutte contre l’expansion de cette maladie immuno-déficitaire. C’est tout à la fois un temps de formation - auprès de médecins réputés - et un “forum” citoyen sur les actions à entreprendre pour combattre l’épidémie.
Créée en 1994 à l’initiative du docteur Catherine Gaud, chef du service d’immunologie clinique à l’hôpital de Bellepierre (Saint-Denis de La Réunion), l’association R.I.V.E a acquis une expertise reconnue qu’elle s’est appliquée à transmettre, par le biais de R.I.V.E-OI créée en 2003, à d’autres associations mauriciennes, malgaches, mahoraise et seychelloise, en vue de constituer un réseau de compétences et de solidarités dans l’océan Indien, au service des personnes atteintes par le VIH/Sida.
R.I.V.E-OI est maître d’œuvre des actions et programmes de co-développement déployés dans la zone contre le VIH/Sida, pour lesquels elle cherche des financements. La rénovation du service des maladies infectieuses du CHU de Befelatanana s’inscrit dans un programme global de 125.000 euros, dont l’association R.I.V.E-OI a été le maître d’œuvre sur deux années successives, financé par la fondation parisienne de GlaxoSmithKline (GSK), que préside Michèle Barzach, ancienne ministre française de la Santé.
Ce programme comprend l’accueil et la prise en charge, à La Réunion, de patients malgaches en situation de péril vital, la formation de médecins et infirmières malgaches, des examens biologiques et l’aide aux associations et aux patients.
La fondation GSK a soutenu l’organisation du 2ème colloque régional (Maurice, novembre 2003) et a souhaité s’associer au programme d’actions de R.I.V.E-OI pour la période 2004-2007. C’est ainsi qu’elle a voté en juin 2004 un programme complémentaire de 25.000 euros pour la réhabilitation -en deux tranches- du service des maladies infectieuses du CHU d’Antananarivo, qui a permis la réalisation de ce chantier de modernisation.
"Il n’y avait qu’un lavabo bouché pour vingt chambres. Il y a maintenant un lavabo par chambre, des douches, des toilettes et l’électricité partout, là où la moitié des chambres étaient éclairées auparavant à la bougie" décrit Jacques Rollin, chargé des programmes de co-développement régional à R.I.V.E-OI.
Le résultat des travaux est simple et fonctionnel. En même temps, ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de la pandémie malgache, qui touche 180.000 à 200.000 personnes, selon des chiffres de 2003.
Le CHU permettra d’améliorer l’accès aux soins et leur qualité, dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida. Au rythme actuel de progression de la maladie dans la Grande Île, R.I.V.E-OI estime à "près de mille le nombre des personnes qui pourraient être sous traitement d’ici l’année prochaine" ajoute Jacques Rollin, chargé des actions de co-développement.
Le programme gouvernemental malgache, pour la période 2001-2006, est de maintenir la prévalence du VIH/SIDAen dessous de 1% - soit environ 140.000 personnes. À cette fin, le gouvernement malgache a signé, environ quinze jours avant le colloque, les accords sur le Fonds global de l’ONUSIDA, qui lui permettront pendant deux ans d’acheter les anti-rétroviraux nécessaires aux traitements.
À partir de 2007, il reviendra à l’État malgache de prendre en charge l’achat des anti-rétroviraux. Or, les acteurs de la lutte contre le SIDAs’attendent à un développement “exponentiel” de la maladie à court terme...
P. David
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