Témoignages - Journal fondé le 5 mai 1944
par le Dr Raymond Vergès

Cliquez et soutenez la candidature des Chagossiens au Prix Nobel de la Paix

Accueil > Politique > Co-développement

« Sans la paix et le développement en Afrique, pas de stabilité et de prospérité dans le monde », rappelle le MAE de la Chine

L’océan Indien redevient le centre du monde

samedi 21 janvier 2023


Comment expliquer que systématiquement, le premier déplacement à l’étranger de chaque nouveau ministre des Affaires étrangères de la Chine soit une visite de plusieurs pays du continent africain ? Un article d’analyse de Xinhua paru ce 16 janvier explique comment « Le premier déplacement du nouveau MAE chinois en Afrique s’inscrit dans la longue tradition diplomatique chinoise » et pourquoi. Le monde du 21e siècle sera très différence de celui du 20e, les Réunionnais regarderont-ils simplement le train passer ? Voici des extraits de cet article.


Moins de deux semaines après sa nomination, Qin Gang, le nouveau ministre chinois des Affaires étrangères, s’est rendu en Afrique pour effectuer son premier déplacement officiel en qualité de chef de la diplomatie chinoise.
Un agenda très chargé : cinq pays du continent et deux organisations régionales en huit jours. Depuis 33 ans, les ministres chinois des Affaires étrangères successifs commencent toujours leurs voyages d’une nouvelle année en Afrique, sans exception même lors de la pandémie de COVID-19.

Une amitié traditionnelle profonde

Cette tradition de la diplomatie chinoise trouve son origine exactement en Éthiopie en janvier 1991 lorsque le ministre chinois des Affaires étrangères de l’époque, Qian Qichen, y avait lancé sa tournée en Afrique.
L’amitié remonte à très loin entre le plus grand pays en développement et le plus grand continent en développement. Dans les années 1950 et 1960, alors que la République populaire de Chine nouvellement fondée était en proie à des difficultés, elle n’a ménagé aucun effort pour soutenir les mouvements d’indépendance et de libération des pays africains. En 1971, la Chine a restauré son siège légitime aux Nations Unies avec le soutien résolu des pays africains frères.
En 2000, le Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) a été créé pour former un mécanisme de dialogue collectif entre la Chine et les pays africains sur la base de l’égalité et des avantages mutuels. Le FCSA a ouvert un nouveau chapitre de la coopération amicale et pratique Chine-Afrique.
Depuis la dernière décennie, la construction de la communauté de destin sino-africaine entre dans la nouvelle ère. Cette année marque le 10e anniversaire de la première visite du président chinois Xi Jinping en Afrique en 2013, une visite au cours de laquelle il a énoncé les grands principes de la politique prise par la Chine envers l’Afrique : sincérité, résultats effectifs, amitié et bonne foi, ainsi que recherche du plus grand bien et des intérêts partagés.
Ces principes font écho à une impression partagée des centaines de millions d’Africains. « Il existe un sentiment commun parmi les pays africains que la Chine est un partenaire fiable et il existe une grande confiance dans la coopération Chine-Afrique marquée par une grande crédibilité », selon Ezzat Saad, directeur du Conseil égyptien des affaires étrangères.
La Chine était aux côtés de l’Afrique dans sa lutte pour l’indépendance et la liberté, et se tient également à ses côtés dans ses efforts pour accélérer son développement et sa revitalisation, et pour accroître sa participation aux affaires internationales, a affirmé mercredi le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, lors d’un entretien avec Qin Gang dans le cadre du 8e Dialogue stratégique Chine-UA à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

Un continent en plein essor

« Sans la paix et le développement en Afrique, il n’y aurait pas de stabilité et de prospérité dans le monde », a rappelé le ministre chinois des Affaires étrangères Qin Gang au siège de l’UA devant la presse, qualifiant l’Afrique de « continent en plein essor et un champ fertile d’espoir, plein de vigueur et de vitalité ».
Depuis le début du XXIe siècle, la Chine a construit en Afrique plus de 6.000 kilomètres de voies ferrées, 6.000 kilomètres de routes, près de 20 ports et plus de 80 grandes centrales électriques, a rappelé M. Qin, ajoutant qu’elle avait contribué à la construction de plus de 130 hôpitaux et cliniques, plus de 170 écoles, 45 stades et gymnases, et à la mise en œuvre de plus de 500 projets agricoles.
Il s’agit là d’un bilan non exhaustif des projets chinois réalisés après la création du FCSA. Ce mécanisme, très apprécié par le peuple et les gouvernements africains, a été encore renforcé par l’Initiative la Ceinture et la Route (ICR) proposée par la Chine il y a dix ans.
Pour Peter Kagwanja, directeur exécutif de l’Institut de politique africaine, un groupe de réflexion panafricain basé au Kenya, la sincérité et les actions de la Chine pour aider au développement de l’Afrique se traduit aussi par le fait que la Chine est stratégiquement alignée sur l’objectif du continent de réaliser son Agenda 2063.
En fait, il en est de même au niveau sous-régional voire national. Pour prendre un exemple, Madagascar est en train de « mettre en place toutes les stratégies pour atteindre l’autosuffisance alimentaire en 2024 », a indiqué à Xinhua fin décembre Jean Marius Andriamainty Fils, un responsable du ministère de l’Agriculture et de l’Elevage. « Cela veut dire qu’il y a l’agro-industrie qui va être développée en coopération avec la Chine. »
L’Afrique se réjouit de travailler de concert avec la Chine pour construire une communauté de destin Afrique-Chine dans la nouvelle ère, a affirmé M. Faki, faisant l’éloge au soutien ferme de la Chine à l’intégration, à la connectivité et au développement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).


Un message, un commentaire ?

signaler contenu


Facebook Twitter Linkedin Google plus