La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Conseil des ministres de la COI
3 octobre 2017, par

Au sujet de la COI, la première décision du nouveau pouvoir à Paris est de confier la direction de la délégation au président de la Région Réunion plutôt qu’à un ministre venu de 10.000 kilomètres pour parler au nom des Réunionnais. Si cette délégation se renouvelle, alors elle signifiera une évolution dans les rapports entre le gouvernement et les représentants des Réunionnais.
Lors des Conseils des ministres de la Commission de l’océan Indien, La Réunion est traditionnellement représentée par un ministre ou un secrétaire d’État venu de Paris. Les deux précédentes réunions de cette institution avaient lieu sous la présidence française de l’organisation. Les participants ont donc pu à chaque fois observer le même cérémonial.
Le mot d’accueil était dit par l’ambassadeur à la Coopération régionale dans l’océan Indien dont le bureau se situe à Paris. Et un ministre arrivé le jour même ou la veille de Paris prenait la parole pour souhaiter bienvenue à La Réunion à nos voisins. Aucun élu réunionnais n’était présent à la tribune lors des cérémonies d’ouverture, de clôture et pendant la conférence de presse. Le seul espace de parole restant ouvert à ses élus étaient les ateliers.
À plusieurs reprises, cette situation a été dénoncée. Il faut en effet rappeler que la création de la Commission de l’océan Indien découle de la Conférence des partis progressistes du sud-ouest de l’océan Indien constituée dans les années 1970. Le PCR représentait La Réunion dans ces rencontres. La France n’était pas invitée, pas plus que la Grande-Bretagne, car la conférence de partis progressistes regroupait uniquement des anciennes colonies.
Quand la COI s’est constituée s’est posée la question de la représentation de La Réunion, car la Commission de l’océan Indien est une organisation d’États indépendants. Un moyen a été trouvé par l’intermédiaire de la France. Le recours à l’ancienne puissance coloniale permettait à La Réunion de siéger à la COI. Mais la présence de La Réunion a alors disparu au profit de la France. Le comble a été atteint en 2014 lors de la Déclaration finale du sommet des chefs d’État de la COI à Moroni : le nom de La Réunion n’est jamais cité. Les conseils des ministres de la COI sous présidence française étaient de la même veine, avec l’émergence d’une création géographique : la France de l’océan Indien.
Depuis le mois de juin, un nouveau pouvoir est en France. Sa première décision concernant la COI est de confier la direction de la délégation à un élu réunionnais, Didier Robert, président de la Région Réunion. Ce choix marque une rupture avec la pratique antérieure. Si cette délégation se renouvelle, alors elle signifiera une évolution dans les rapports entre le gouvernement et les représentants des Réunionnais.
M.M.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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