Co-développement

Victoire pour les Chagossiens : l’occupation des Chagos par la Grande-Bretagne illégale

La Cour internationale de justice rend un avis historique

Manuel Marchal / 26 février 2019

Des scènes de liesse hier chez les Chagossiens pour une journée historique. Ce 25 février, la Cour internationale de justice a rendu un avis affirmant que la Grande-Bretagne doit cesser d’administrer les Chagos à la place de Maurice, car la quasi-unanimité des juges ont estimé que la décolonisation de Maurice est incomplète. Or, c’est le gouvernement britannique qui interdit aux Chagossiens de revenir dans leurs îles pour satisfaire les intérêts de la base militaire américaine de Diego Garcia. Maurice soutient le retour des Chagossiens dans leur pays, ce qui donne toute son importance au retour de l’archipel des Chagos sous sa souveraineté.

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La délégation chagossienne qui avait assisté l’an dernier à l’audience de la Cour internationale de justice de La Haye.

Hier à Pointe-aux Sables à Maurice, c’étaient des scènes de joie. C’est dans ce quartier que vivent de nombreux Chagossiens à la suite de leur déportation par le gouvernement britannique de leur pays natal à cause de la création de la base militaire de Diego Garcia au profit des Etats-Unis.

Cette joie faisait suite à l’annonce de l’avis rendu ce 25 février par la Cour internationale de justice, plus haute instance juridictionnelle de l’ONU. Par 13 voix contre une, c’est-à-dire à la quas-iunanimité, les juges de La Haye ont rendu un avis qui reprend ces trois points, selon le résumé de l’avis diffusé par la Cour internationale de justice :

- « au regard du droit international, le processus de décolonisation de Maurice n’a pas été validement mené à bien lorsque ce pays a accédé à l’indépendance en 1968 à la suite de la séparation de l’archipel des Chagos ; »

- « le Royaume-Uni est tenu, dans les plus brefs délais, de mettre fin à son administration de l’archipel des Chagos ; »

- « tous les Etats Membres sont tenus de coopérer avec l’Organisation des Nations Unies aux fins du parachèvement de la décolonisation de Maurice ».

Les juges de La Haye rappellent que « lorsque le conseil des ministres a accepté en principe le détachement de l’archipel des Chagos du territoire de Maurice, celle-ci était, en tant que colonie, sous l’autorité du Royaume-Uni. Ayant examiné les circonstances dans lesquelles le conseil des ministres de la colonie de Maurice a accepté enprincipe le détachement de l’archipel des Chagos sur la base de l’accord de Lancaster House, la Cour considère que ce détachement n’a pas été fondé sur l’expression libre et authentique de la volonté du peuple concerné ». Ils s’appuient sur plusieurs résolutions des Nations Unies demandant à la Grande-Bretagne de respecter l’intégrité territoriale de Maurice. La Cour conclut que « du fait du détachement illicite de l’archipel des Chagos et de son incorporation dans une nouvelle colonie, dénommée « BIOT », le processus de décolonisation de Maurice n’a pas été validement mené à bien au moment de l’accession de ce pays à l’indépendance en 1968 ».

Dorénavant, la responsabilité morale de chaque Etat dans le monde est de faire pression sur la Grande-Bretagne pour qu’elle se retire des Chagos au profit de Maurice, qui soutient le retour des Chagossiens dans leur pays. Ainsi, ce 25 février restera une date historique.

M.M.



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Messages






  • La Cour Internationale de Justice a rendu un avis CONSULTATIF.

    Présenter son avis comme une victoire est donc fallacieux.

    Les Chagossiens honteusement chassés de leur pays par les impérialistes anglais et américains avec la complicité du gouvernement mauricien ne sont pas près de rentrer chez eux. Malheureusement.

    Il faudrait sans doute pour obliger l’armée américaine à quitter les lieux qu’un mouvement de solidarité d’ampleur voit le jour aux Etats-Unis même. Un peu comme lorsque la jeunesse américaine s’est mobilisée contre la guerre du Vietnam ouvrant un deuxième front à l’intérieur même du pays agresseur et offrant un soutien de poids à la lutte des Vietnamiens pour leur indépendance.

    Hors de cette possibilité, je ne vois pas comment faire renoncer la puissance américaine à cette base militaire, en tout cas certainement pas l’avis d’un tribunal international dont les dirigeants américains n’ont strictement rien à faire !

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