Edito

140 millions de migrants climatiques si rien ne change

J.B. / 26 mars 2018

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Le 19 mars dernier, la Banque mondiale a publié un rapport sur les effets du changement climatique dont voici quelques éléments :

« Selon une nouvelle étude de la Banque mondiale, l’aggravation des effets du changement climatique dans trois régions du monde densément peuplées pourrait pousser plus de 140 millions de personnes à migrer à l’intérieur de leur propre pays d’ici 2050.

Mais il est encore temps d’éviter le pire : le nombre de migrants climatiques internes pourrait être réduit de 80 % (soit 100 millions de personnes) si la communauté internationale intensifie ses efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre et que les pays se dotent de plans de développement solides.

Le rapport met en évidence des foyers d’émigration et d’immigration climatique, à savoir des zones vulnérables au changement climatique qui connaîtront probablement un exode de population important et des territoires qui devront accueillir ces migrants internes en quête de moyens de subsistance et d’une nouvelle vie. »

Et Kristalina Georgieva, Directrice générale de la Banque mondiale, d’ajouter : 

« « Il est encore temps d’anticiper les conséquences du changement climatique avant qu’elles ne s’aggravent, mais bientôt il sera trop tard. Les mesures que les villes prennent maintenant pour faire face à l’arrivée grandissante de migrants fuyant les zones rurales et faciliter leur accès aux études, à la formation professionnelle et à l’emploi seront payantes à long terme. Il est également important d’aider les gens à faire le bon choix entre rester là où ils vivent ou se déplacer là où ils seront moins exposés aux dérèglements du climat. »

Notre région a un exemple concret de cette situation : Mayotte. En effet, il suffit d’un épisode de sécheresse pour que de graves problèmes d’accès à l’eau se posent. Or, Mayotte compte aujourd’hui officiellement 250.000 habitants, et devra en compter officiellement 470.000 en 2050. Pendant que la population s’accroît, la ressource en eau n’augmente pas, bien au contraire. Comment garantir à 470.000 habitants ce qui est aujourd’hui péniblement possible pour 250.000 ? Si ce n’est pas possible, où émigrer ?

Ceci rappelle donc l’urgence d’anticiper les effets du changement climatique. C’est une bataille dans laquelle le PCR s’est engagé depuis plus de 20 ans. Cette orientation est aujourd’hui largement partagée par les décideurs. C’est ce que rappelle le succès de la conférence de Pierre Larrouturou tenue dans le cadre de la commémoration de l’anniversaire de la naissance de Paul Vergès. Maintenant, il est nécessaire d’élargir ce rassemblement aux personnes qui sont les plus concernées par les effets du changement climatique, c’est-à-dire les plus pauvres.

J.B.

Voir en ligne : https://openknowledge.worldbank.org...