Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
27 juillet 2012, par

Les qualités d’un régime politique se mesurent à l’aune de ses conséquences sociales. Celui qui nous concerne a vu divers gouvernements se succéder depuis un demi-siècle sans qu’aucun d’entre eux n’ait réussi à régler le problème de l’emploi des Réunionnais. Pôle emploi vient d’annoncer 155.300 demandeurs d’emploi, 30% de la population active.
Cette moyenne cache des disparités sociales et culturelles très graves.
Dans certaines familles ou certains quartiers, les personnes au chômage sont plus nombreuses que celles qui ont un emploi. Pire, des familles entières sont 100% au chômage. L’insupportable est atteint quand des Réunionnaises et des Réunionnais n’ont jamais travaillé depuis 20 ans !
Certes, ces personnes ne meurent pas de faim, au sens où s’entend la « famine ». Mais, la moitié de la société réunionnaise vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté (critère national) quand 18% n’ont pas plus de 450 euros mensuels pour ne pas sombrer dans l’extrême misère. Cela correspond à une moyenne de 15 euros par jour pour subvenir à tous ses besoins. Cette situation monétaire précaire est corroborée par les statistiques des impôts qui déclarent que plus de la moitié des foyers fiscaux ne dépassent pas 9.400 euros de revenus imposables annuels.
La solidarité existe. Qu’elle soit instituée ou volontaire, c’est la seule bouée à laquelle se raccrochent les catégories les plus fragiles. Souvent, celles-ci ont abandonné tout espoir de travailler, car elles ont intégré les critères des biens pensants selon lesquels elles sont inaptes aux besoins de l’évolution de la société actuelle. En clair, elles sont devenues inutiles !
D’autres éléments sociaux nous alarment. 58% des enfants Réunionnais sont issus des familles référencées « sous le seuil de pauvreté ». En 2010, parmi les jeunes sortis du cycle scolaire et sans diplôme, 82% pointent au chômage. Si, on y intègre les diplômés, on atteint quand même 69% de chômeurs ! Cela va s’aggraver, car un jeune non scolarisé sur deux n’a aucun diplôme.
C’est bien le signe que notre régime politique est en faillite. Il ne faut pas rafistoler ! Il faut le changer.
J.B.
Nos peines
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