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17 mars 2021 : Jour du dérèglement en France

mercredi 17 mars 2021, par David Gauvin


Le Jour du dérèglement marque le jour où la France a émis autant de gaz à effet de serre que ce qu’elle devrait émettre en une année entière si elle respectait l’objectif de neutralité carbone, objectif que l’État français s’est lui-même engagé à atteindre pour 2050. Mercredi 17 mars, soit au bout de 77 jours, la France est à découvert climatique. Jusqu’à la fin de l’année 2021, la France va creuser sa dette climatique, alors que nous sommes déjà nombreuses et nombreux à témoigner des effets concrets des changements climatiques.


Avec la loi Énergie-climat de 2019, et conformément à l’Accord de Paris, l’État français s’est donné pour objectif d’être neutre en carbone en 2050. Cet objectif signifie qu’à partir de 2050, la France ne pourra rejeter dans l’atmosphère que 80 mégatonnes de CO2 par an, car c’est le seuil maximal de ce que nous serons en capacité de stocker.

Le Jour du dérèglement arrive cette année douze jours plus tard que l’an dernier (5 mars 2020), car les conditions sanitaires ont conduit à prendre des mesures exceptionnelles. On estime qu’en 2020, la France a émis 52 mégatonnes d’équivalent CO2 en moins par rapport à 2019, c’est-à-dire une baisse de 12%. Mais cette situation subie par chacun ne résulte pas de nouvelles mesures politiques climatiques ambitieuses et durables ; et le risque de constater un effet rebond dès que les restrictions seront levées demeure très important.

L’État vient d’être condamné pour son inaction climatique ; et prochainement, le Tribunal administratif et le Conseil d’État devraient lui ordonner de prendre – enfin – des mesures concrètes et efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France. Malgré cela, le gouvernement s’entête à ne pas prendre les actions qui s’imposent : le projet de loi Climat et résilience, qui sera examiné d’ici quelques jours par le Parlement, n’est pas du tout à la hauteur de l’urgence climatique. Le Conseil national de la transition écologique, le Conseil économique social et environnemental, et le Haut Conseil pour le Climat, ont tous les trois jugé que le projet de loi était insuffisant au regard des objectifs climatiques de la France.

Alors que la CINOR a déclaré l’urgence climatique et a inscrit des objectifs clairs pour limiter l’impact de sa politique sur le climat, nous attendons toujours celui du TCO où siège la seule « maire de tendance écologique » de l’île ou encore celui de la Région et du Département. Va-t-on vers des condamnations pour inactions climatiques ? Au-delà des plans, il est nécessaire de mettre au cœur de toutes les actions, la justice sociale et la protection du climat.

Je choisirai le paradis pour le climat, et l’enfer pour la compagnie. Mark Twain

Nou artrouv’

David Gauvin



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