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4 juin, parNos peines
6 mars 2015, par

En France, l’amendement à la loi Macron déposé par la députée Ericka Bareigts a franchi un nouveau cran dans la polémique. Le président de la République s’en est mêlé. Il a déclaré publiquement que ce texte changeant la répartition des jours fériés n’a pas sa place dans la loi Macron. Les choses sont désormais très claires. Au Sénat, la majorité est UMP-UDI. Cette dernière va supprimer l’amendement. Lors du retour du texte à l’Assemblée nationale, les députés devront donc à nouveau voter un amendement pour remettre en place cette disposition. Mais s’ils font cela, alors ils défieront publiquement le président de la République. C’est une chose difficilement envisageable. Le dernier vote de confiance a montré que les députés ne veulent pas renverser le gouvernement sur une question de politique générale, alors pour une affaire de jours fériés…
À sa dernière conférence de presse, Paul Vergès avait expliqué qu’au lieu d’aller à Paris pour faire une loi afin de régler un problème, mieux aurait valu discuter de cette question à La Réunion et aboutir à un accord avant ensuite d’aller porter la question devant le Parlement.
C’est exactement ce qu’on fait les Guadeloupéens pour avoir des jours fériés supplémentaires. Mieux même : ils n’ont pas eu besoin de changer la loi pour cela.
Sur le site web de l’Union générale des travailleurs guadeloupéens (UGTG), un syndicat de Guadeloupe, une page est consacrée à cette question. Dans un premier temps, elle énumère les dispositions légales :
« La liste des jours fériés légaux est fixée par l’article L. 3133-1 du Code du travail. On en compte actuellement onze :
Le 1er janvier,
Le lundi de Pâques,
Le 1er mai,
Le 8 mai,
L’Ascension,
Le lundi de Pentecôte,
Le 14 juillet,
L’Assomption (15 août),
La Toussaint (1er novembre),
Le 11 novembre,
Le 25 décembre. »
Puis l’UGTG ajoute qu’en Guadeloupe, d’autres jours fériés existent. En voici la liste :
Le lundi Gras (carnaval)
Le mardi Gras (carnaval)
Le mercredi des Cendres (carnaval)
Le jeudi de la Mi-Carême (fête religieuse)
Le vendredi Saint (fête religieuse)
Le samedi Gloria (fête religieuse)
Le 27 mai (abolition de l’esclavage)
Le 21 juillet (fête de Victor Schoelcher)
Le 2 novembre (fête religieuse)
Ces 9 jours spécifiques à la Guadeloupe s’ajoutent aux 11 jours légaux. Conclusion : les Guadeloupéens ont droit à 20 jours fériés sans que leurs députés n’aient eu besoin de faire changer la loi.
À La Réunion, aux 11 jours fixés dans le Code du travail s’ajoute le 20 décembre. Pour faire changer ce calendrier, une démarche a été lancée au niveau du Parlement. Elle a suscité une forte opposition en France. Et malheureusement, la contribution de La Réunion au débat politique a eu pour conséquence de raviver les communautarismes. L’expérience montre qu’il était possible d’éviter tout cela.
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