Face à la menace d’une crise globale à La Réunion, le silence inquiétant des élus réunionnais
28 juillet, parImpact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
17 février 2012, par

Le président de la région a déclaré : « une baisse de 25 centimes, je ne sais pas faire » ! Le préfet lui emboîte le pas et annonce : « 25 centimes, c’est un slogan ». Voilà la réponse des pouvoirs publics aux revendications des transporteurs et automobilistes. Dans le même temps, une baisse de 600 centimes par bouteille de gaz a été possible. L’argent a été pris sur le budget des collectivités en contradiction d’une bonne gestion des deniers publics, car celles-ci ne perçoivent pas de taxe sur le gaz. Cela veut dire que si Didier Robert disposait des 25 centimes, il les aurait donc pris dans la caisse publique pour donner. Rarement, nous avons atteint ce niveau d’irresponsabilité.
Car, il suffit de s’appuyer sur le rapport de l’Autorité de la Concurrence pour constater qu’il est écrit : « les pétroliers proposent. Le préfet exécute ». En d’autres termes, cela veut dire qu’il faut remettre en cause les chiffres du pétrolier. En effet, il est noté également dans ce rapport l’« opacité » de la chaîne de formation des prix. Mais, une chose est sûre : de 2008 à 2012, le prix du diésel est passé de moins UN euro à 1,29 euro. Où sont passés les 29 centimes pris dans la poche des consommateurs ?
Le préfet dit qu’on lui présente une facture de 0,60 euro le litre de diésel à l’achat et il l’accepte. Or, dans de nombreux pays le prix à la pompe ne dépasse pas 0,20 euro, c’est-à-dire 3 fois moins chers au détail par rapport au prix de gros de 0,60 euro. Dans ces conditions, pourquoi ne pas acheter à la pompe dans ces pays, tellement l’argument ne tient pas la route. De plus, ajoutons que le détaillant de carburant bon marché trouve son compte puisqu’il gagne sa « croûte » après avoir payé ses frais et taxes.
Il faut être vraiment mauvaise foi pour avoir oublié que Air France avait réussi à faire condamner les pétroliers de la place à une amende de 41 millions d’euros pour entente illicite. Ce n’est pas tous les jours qu’on obtient de tels résultats. Mais, ce qu’a réussi Air France, la Région et le gouvernement ne sont pas capables de faire ? Le tribunal qui a statué sur les faits incriminés est allé jusqu’à perquisitionner en Angleterre, dans les bureaux du siège. C’est la preuve que lorsqu’on veut on peut.
Les déclarations de Didier Robert et du préfet ne sont pas à la hauteur de l’enjeu : soit, ils sont complices des pétroliers, soit ils veulent se moquer des manifestants.
J. B.
Impact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
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