Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
15 janvier 2016, par

27265 automobiles ont été vendues l’an dernier, c’est une hausse de 7,5 % par rapport à 2014. Cette donnée est une véritable catastrophe pour La Réunion. Elle confirme les dégâts provoqués par l’impasse du tout-automobile.
Tout d’abord, ces véhicules représentent une fuite considérable de capitaux. La Réunion ne fabrique pas d’automobile. Elle ne dispose pas non plus sur son territoire de l’énergie indispensable pour les faire fonctionner. Les voitures électriques constituent en effet une proportion infime des ventes de véhicule. Une part importante des richesses produites dans notre île part donc ailleurs. En 2014, selon le Bilan d’activités des Douanes, le montant en valeur des importations d’automobiles représentait 300 millions d’euros. Les achats de camion ont permis à 65 millions d’euros de quitter La Réunion. Dans le même temps, la somme dépensée pour acheter du carburant s’étaient élevée à 500 millions d’euros. Une part importante de cette énergie sert à faire fonctionner les automobiles.
Autrement dit, en 2014, ce sont plus d’un demi-milliard d’euros qui quittent La Réunion pour enrichir les constructeurs d’automobile et les vendeurs de carburant. Pour 2015, la croissance du nombre de voitures importées va encore faire augmenter la facture. Il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir.
L’autre aspect tient à la pollution. À la fin de l’année, les représentants des pays du monde rassemblés à la COP21 ont adopté l’Accord de Paris. C’est la prise de conscience mondiale qu’il faut une autre civilisation pour espérer avoir un avenir. Cela passe par une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre. Les 27265 voitures vont rejeter des quantités considérables de CO2 et autres particules toxiques. Cela a des effets sur le climat et la santé publique, dont le coût est assumé par tout le monde, y compris ceux qui n’ont pas de voiture.
Avec la hausse du nombre d’automobiles importées, La Réunion se rapproche du coma circulatoire. Il sera toujours plus difficile de se déplacer, et les trajets prendront plus de temps et seront donc encore plus polluants.
Quand la Région Réunion était présidée par Paul Vergès, un autre projet était en cours : l’autonomie énergétique. Un des piliers était un tram-train électrique. En effet, une rame de train fonctionne à l’électricité qui peut être produite avec des énergies disponibles en abondance et gratuitement à La Réunion : eau, vent, soleil, mer, volcan. De plus, les locomotives et les wagons peuvent être utilisées pendant des décennies. L’autorail vieux de 70 ans peut encore rouler. L’outil de transport n’est donc pas là un produit de consommation, mais un investissement.
Bien sûr, ce projet ne va pas dans le sens des intérêts des constructeurs d’automobile et des importateurs de pétrole. C’est pourquoi il a été stoppé dès l’élection de Didier Robert à la présidence de la Région Réunion. Les Réunionnais n’ont pas fini de payer.
Nos peines
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