Edito

30.000 logements vacants à La Réunion : la faillite du marché

J.B. / 27 juin 2018

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L’INSEE a publié hier une étude sur l’évolution du nombre de logements à La Réunion. Ce document note une hausse de ce nombre, en raison de la croissance démographique et de la décohabitation. L’INSEE souligne également l’importance du nombre de logements dits vacants, répondant à cette définition :

« Logement vacant : logement inoccupé se trouvant dans l’un des cas suivants : proposé à la vente, à la location ; déjà attribué à un acheteur ou un locataire et en attente d’occupation ; en attente de règlement de succession ; gardé vacant et sans affectation précise par le propriétaire ».

Voici ce qu’écrit l’INSEE à ce sujet :

« Près de 30 000 logements sont vacants à La Réunion, soit 8,4 % de l’ensemble du parc de logements. C’est autant qu’en métropole (8,0 %) et nettement moins qu’aux Antilles (15 %) et Guyane (10 %). À La Réunion, la part de logements vacants est à son niveau de 1990. Les logements vacants sont plus nombreux dans des communes des Hauts comme Cilaos (15 %) et Salazie (13 %). C’est également le cas dans des grandes communes urbaines comme Saint-Denis et Saint-Benoît. À Saint-Denis, la structure du parc de logements y contribue probablement : les logements collectifs sont plus souvent vacants, les maisons étant davantage recherchées par les ménages. Par ailleurs, en 2015 à La Réunion, 7 900 logements ne sont occupés qu’une partie de l’année pour les week-ends, les loisirs ou les vacances (résidences secondaires) ou pour des raisons professionnelles (résidences occasionnelles), soit 2,2 % des logements. Cette part est bien plus élevée dans des communes des Hauts, comme La Plaine-des-Palmistes (21 %) et Cilaos (11 %). Cette part est la plus faible des régions françaises (hors Mayotte), juste derrière la Guyane (2,3 %). En métropole, la part des résidences secondaires ou occasionnelles s’élève à 9,6 %. »

Ce sont donc près de 38.000 logements qui ne sont pas occupés en permanence. Ce nombre a le même ordre de grandeur que celui des familles qui vivent dans un logement insalubre ou trop petit. Ce décalage s’explique par le fait que le logement est laissé à la « main invisible » du marché. Or, avoir un toit et suffisamment d’espace est un des droits fondamentaux de chaque être humain. Dans le système actuel, l’accès ou pas à un logement décent influence sur la réussite scolaire, or c’est de cette réussite scolaire que dépendra ensuite l’insertion dans un autre marché, celui du travail.

Laisser des droits fondamentaux tels que le travail ou le logement dans les mains du marché amène à de grandes injustices et condamne une part importante de la population à la pauvreté et à vivre dans des logements insalubres. Là aussi s’impose une nouvelle politique, où le marché ne dictera plus sa loi pour perpétuer les inégalités.

J.B.