365 fois par an

19 octobre 2004

En ce dimanche 17 octobre, proclamé “journée mondiale du refus de la misère”, quelque part, dans le Sud, à Pont-d’Yves, un homme est découvert, mort, dans un taudis infect, une masure qui ne tenait debout que par miracle. “Drame de la solitude” a-t-on entendu sur les ondes. Ironie du sort, c’est par dizaines que les badauds se pressaient devant la misérable demeure. Un attroupement à peine contenu par les gendarmes et policiers municipaux arrivés sur les lieux.

Ces dernières semaines, d’autres drames tout aussi atroces ont mis au grand jour une certaine forme de misère morale et matérielle. À Sainte-Marie, un homme est mort carbonisé dans sa case. À Saint-Pierre, à Saint-Denis, le corps sans vie de deux autres personnes, naufragés de la vie, sont retrouvés quelques jours après leur décès, en plein centre-ville...

À chaque fois, c’est le même refrain : c’était un brave boug’, il était là, gentil, ne faisait d’histoire à personne, on s’était habitué à sa présence... Et c’est sans doute là le cœur du problème : on “s’habitue” à ce qu’un être humain victime d’accident de la vie traîne sa misère au vu et au su de tous jusqu’à ce qu’un jour, il disparaisse. Et c’est ce jour-là qu’il cesse d’être solitaire...

Une journée, fût-elle mondiale, pour dire non à la misère, c’est un pas vers la dignité, la compassion. Mais chaque jour, dans l’ombre, des milliers d’anonymes tels l’Auvergnat chanté par Brassens, apportent un peu de réconfort à leurs semblables. Pour tous ceux et celles qui ont fait de la lutte contre la solitude, l’exclusion, leur combat quotidien, la journée du refus de la misère se répète 365 fois pas an.

S. D.


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Témoignages - 82e année


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