Edito

4 septembre 1996, le jour où La Réunion “bascule” dans le réchauffement climatique.

Ary Yée Chong Tchi Kan / 6 septembre 2019

Le 4 septembre 1996, Paul Vergès et Philippe Berne ont tenu une conférence de presse mémorable. Nous avons pensé faire ce rappel historique au moment où le cyclone DORIAN vient de dévaster les Bahamas, à peine 2 ans près que le cyclone IRMA avait rayé l’île touristique Saint Martin.

Témoignages avait titré : “L’avenir avance en silence”, ALERTE AU RÉCHAUFFEMENT DE LA PLANÈTE ET A SES MULTIPLES CONSÉQUENCES POUR LA RÉUNION.

Voici un extrait de cet article qui date de 23 ans !

"Procédant peut-être par association d’idées et sûrement par ironie — la proximité d’une élection faisant généralement grimper dans l’île le «  thermomètre » politique — Paul Vergés et Philippe Berne, ont souhaité attirer l’attention sur les problèmes posés par le réchauffement de la planète et les casse-têtes que ce dernier laisse prévoir aux responsables politiques de par le monde. En particulier à La Réunion. Façon de dire, à leur manière, que « l’heure n’est pas à la frivolité »

Des données scientifiques convergentes massives amènent à considérer que le réchauffement de la planète va poser à l’humanité des problèmes très graves a exposé en préambule. Paul Vergés, pour qui l’ironie n’exclut pas le sérieux. (…) Le « désastre annoncé par les scientifiques » peut être tel disent-ils, qu’il faut dès aujourd’hui - comme le préconisaient d’ailleurs les conclusions du sommet de Rio - se préoccuper des mesures à prendre.

Selon nos élus, les scientifiques ont aujourd’hui la certitude d u réchauffement et sont unanimes sur ses conséquences : une augmentation de la température de la planète de +1° à +3,5°, ce qui représente, par rapport à une température moyenne d’environ 15°, une augmentation de 6 % à plus de 20 % au cours du prochain siècle.

« Le débat se poursuit sur les causes, les origines de ce phénomène (changement
d’’ère géologique » ou résultat d’une activité humaine), mais sur ses conséquences, les scientifiques n’ont pas de doute »
, a poursuivi Paul Vergés.

Au plan de l’écologie, les élus communistes estiment qu’il faut prévoir les conséquences de la montée du niveau des océans (d’une moyenne de 50 cm), la disparition des plages de l’Ouest déjà mises à rude épreuve, le travail de l’érosion, le déferlement des eaux sur les bassins versants des cirques et sur les planèzes, les dévastations de cyclones plus fréquents et plus violents.

« Qu’on se rappelle le marasme économique de l’île, au siècle dernier, après une série d’années à cyclones consécutives et essayons d’imaginer ce que seront les conséquences économiques des cyclones annoncés », a dit en substance Paul Vergés, qui considère par ailleurs en autres choses que « les normes d’urbanisation et de construction seront remises en cause ».

Les élus réunionnais ont tenu à préciser que leurs mises en garde n’ont rien à voir avec le rôle de Cassandre et encore moins avec la « morosité » à la mode en France, mais ils considèrent que les cris d’alerte lancés à différentes occasions dans le monde ne peuvent laisser personne indifférent dans notre pays.

Mis devant l’alternative de préparer les innombrables changements prévisibles ou de devoir les subir, Paul Vergés a invité ses compatriotes à se préparer à « tout réviser  », en rappelant en particulier que « le point central dans la réalisation du PDA » comporte la réalisation d’une SEM Environnement, dont la fonction serait de prendre en charge la prévision des changements les plus urgents et d’organiser le reclassement dans l’économie sociale de milliers de Réunionnais en utilisant autrement les « crédits passifs  » de l’île.”

En 23 ans, il n’y a aucun parti politique à La Réunion qui ait fait autant pour élever le niveau de conscience des Réunionnais sur leur avenir. Quand un ministre de Bahamas filme la montée des eaux dans sa maison qui est située à plus de 6m au dessus de la mer, cela fera-t-il réfléchir tous les élus qui ont urbanisé le littoral ?
L’urgence est de reconstituer le couvert végétal de notre île et de rendre à la Nature les zones littorales ainsi que les espaces lacustres et lagunaires.

Ary YEE CHONG TCHI KAN