Edito

50.000 bacheliers réunionnais en 5 ans : silence d’Ericka Bareigts, Monique Orphé et Thierry Robert

J.B. / 16 juin 2017

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Environ 11.000 Réunionnais sont candidats aux épreuves du bac 2017. Selon les prévisions, ils seront près de 10.000 à réussir cet examen qui ouvre la voie aux études supérieures. Au cours du mandat des prochains députés, ce sont donc environ 50.000 jeunes qui seront dans cette situation. Une fois leurs études terminées, ils demanderont donc le droit à un emploi correspondant à leurs compétences à La Réunion pour la plupart d’entre eux. C’est donc une question centrale de ces législatives : comment créer des dizaines de milliers d’emplois de techniciens supérieurs, ingénieurs, cadres ou enseignants dans les 5 prochaines années. Depuis que La Réunion est un département, aucun gouvernement n’a mis en œuvre une politique allant dans ce sens.

Les candidats à un poste de député, et surtout ceux qui veulent siéger dans le groupe du parti d’Emmanuel Macron peuvent dire ce qu’ils veulent, ils seront bien incapables de régler ce problème s’ils continuent à soutenir toujours la même politique. Le bilan du dernier gouvernement est éloquent. Sa seule réponse a été d’ouvrir aux titulaires d’un bac l’accès aux emplois d’avenir, au nombre de 3.000 pour La Réunion. Au terme de leur contrat, ces jeunes sont lâchés par l’État. Les propos tenus par Ericka Bareigts en tant que ministre des Outre-mer étaient très clairs : « nous sommes dans une logique de fin de contrat ». Autrement dit, l’État ne propose rien.

Au Sénat, Paul Vergès avait demandé de prolonger de trois ans les contrats de ces jeunes, le temps que les autorités se mettent au travail pour que des solutions puissent émerger. Cette proposition a été refusée par le gouvernement où figurait Ericka Bareigts, et qui était soutenu par Monique Orphé et Thierry Robert. À l’appui de leur refus, ils n’ont apporté aucune contre-proposition.

Pour sa part, le PCR demande un changement de cadre, seul susceptible d’éviter le gaspillage de la jeunesse. Les jeunes qui poursuivent des études au-delà du bac ont la capacité de réussir les concours de la fonction publique. Compte-tenu de la poursuite de la croissance de la population, des postes seront créés automatiquement. Le PCR demande donc que les nouveaux postes et ceux qui deviendront vacants soient exclus du mouvement national. La durée de ce moratoire est de 15 ans. Pourront alors être nommés à La Réunion les personnes qui passent le concours dans notre île, où celles qui vivent en France et qui peuvent démontrer qu’elles ont des attaches avec La Réunion, ce sont les centres d’intérêt matériels et moraux (CIMM).

Les partisans d’Emmanuel Macron affirment qu’ils se battront pour La Réunion à l’Assemblée nationale. Mais leur silence sur cette question démontre qu’ils continuent de berner la population : s’ils sont élus, ce seront des députés godillots.