Edito

75 ans après la Libération de La Réunion, notre île toujours aussi vulnérable

J.B. / 25 novembre 2017

JPEG - 13.7 ko

Demain la section communiste du Port organise une commémoration de l’anniversaire de la Libération de La Réunion. Cette année, cela fait 75 ans que notre île a rejoint la France libre. Les cérémonies organisées chaque année dans notre île visent à rappeler que le 28 novembre 1942, le gouverneur soumis au régime de la France de Vichy a capitulé à la suite de l’arrivée au large des côtes réunionnaises d’un navire de guerre de la France libre, le Léopard.

Cet événement rappelle qu’il y a 75 ans, les Réunionnais ont choisi de prendre le parti d’un groupe de résistants français qui avaient choisi de défier le pouvoir qui s’était installé à la suite d’une défaite militaire. En moins de deux mois en 1940, l’armée française était vaincue. Le nouveau pouvoir avait demandé l’armistice. Une majorité de députés et de sénateurs avaient alors voté pour accorder les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. L’extrême droite était alors arrivée à la direction de la France.

Des résistants avaient refusé d’abandonner le combat. Ils étaient menés par le général de Gaulle qui était alors condamné à mort. À La Réunion, le gouverneur d’alors était le représentant du pouvoir installé à Vichy. Cette période fut marquée par de grandes souffrances pour la population. Plus aucun bateau n’arrivait et ne partait. Le sucre s’entassait dans des entrepôts devenus trop petits. Il fallut par exemple le stocker dans une partie du seul lycée qui existait à La Réunion. La nourriture et les médicaments manquaient, la malnutrition sévissait, en moins de deux ans l’économie s’était écroulée. La Réunion est alors devenue un des pays où le taux de mortalité infantile était parmi les plus élevés au monde, alors que l’espérance de vie ne dépassait pas 50 ans.

Le ralliement à la France libre n’a pas signifié la fin immédiate de la crise. Elle s’est prolongée bien après la Libération de La Réunion. L’état de guerre a en effet rappelé la vulnérabilité de La Réunion aux événements extérieurs. Et pourtant à l’époque, sa population était de 250.000 habitants et les besoins en énergie étaient bien moins importants. Le principal moyen de déplacement était le train, les automobiles étaient très rares. Cela n’a pas empêché que les pénuries de toutes sortes touchent la population, avec des répercussions très graves pour les plus démunis qui étaient alors majoritaires dans la société coloniale.

75 ans plus tard, La Réunion reste fortement dépendante d’importations venues d’Europe pour assurer des besoins élémentaires tels que la nourriture ou les médicaments. Et la situation internationale fait apparaître des menaces de guerre.

J.B.