Edito

8 ans pour 1 lycée au lieu de 3 ans pour 2 lycées : en arrière toute avec la Région Réunion

Témoignages.re / 7 novembre 2018

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L’application des premières lois de décentralisation a confié la responsabilité de la construction des lycées aux Région. A La Réunion, sous l’impulsion de Pierre Lagourgue, Camille Sudre, Margie Sudre et Paul Vergès, la collectivité a saisi cette compétence pour lancer un grand plan d’équipement dans ce domaine. Le nombre de lycées a ainsi quasiment triplé, passant de 16 à 44, soit un rythme de deux lycées tous les trois ans. La construction de ces établissements a donc démocratisé l’accès aux savoirs, elle a également donné lieu aux premières réalisations à grande échelle de construction Haute qualité environnementale (HQE), car ces lycées s’inscrivaient dans l’objectif de l’autonomie énergétique totale pour 2025.

Mais depuis 2010 et le choix de Gilbert Annette de faire perdre l’Alliance pour faire gagner la liste UMP conduite par Didier Robert, ce secteur a subi un très net coup d’arrêt. En effet, le dernier lycée inauguré datait jusqu’à hier de 2010. Ce fut quelques semaines après les élections régionales l’occasion d’une opération de communication de la nouvelle majorité, qui n’avait pas daigné inviter Paul Vergès et les élus responsables de cette réalisation. Ce coup d’arrêt a eu un impact dans de nombreuses entreprises, et il est une des causes de la crise du BTP qui est à l’origine de la suppression de 10.000 postes sur 27.000 depuis que Didier Robert est au pouvoir. Or, quand ce dernier a pris la présidence de la Région, trois autres lycées étaient en cours de programmation : un dans le Nord, un dans l’Ouest et un dans le Sud. Cela voulait dire du travail assuré pour des artisans pendant près de 4 ans. Or, la Région n’a été capable au cours de ces 8 dernières années de ne construire péniblement qu’un seul lycée, quelle régression !

Ainsi, l’inauguration d’hier d’un nouveau lycée à Saint-Denis ne doit pas faire oublier cet important recul. Il signifie que dans le domaine de l’éducation, la priorité n’est pas d’investir dans du durable, mais d’utiliser cette compétence pour faire du clientélisme comme le montre le plan de distribution de bons d’achat de 500 euros pour des ordinateurs offerts aux familles des nouveaux élèves en lycée ou en CFA. Au rythme de plusieurs millions d’euros par an, il y avait de quoi construire facilement deux lycées en s’appuyant sur les financements européens pour compléter l’engagement de la Région. De plus, ce flux d’argent public a essentiellement bénéficié à la grande distribution capable de limiter leur marge à 20 euros sur ce type de produit, quand un magasin d’informatique doit préserver 100 euros de marge. Des dizaines de sociétés de ce type ont dû fermer car les bons d’achat de la Région ont totalement saturé le marché.

Avec un tel bilan, il est temps pour une nouvelle politique en rupture avec ce clientélisme désastreux, digne d’une époque que beaucoup croyaient révolue.

J.B.