Edito

A l’heure de l’Intelligence Artificielle, on meurt encore de faim

Julie Pontalba / 16 octobre 2020

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Le 9 octobre dernier, le Prix Nobel de la Paix 2020 a été décernée au PAM (Programme Alimentaire Mondial), « pour ses efforts de lutte contre la faim, pour sa contribution à l’amélioration des conditions de paix dans les zones touchées par des conflits et pour avoir joué un rôle moteur dans les efforts visant à prévenir l’utilisation de la faim comme arme de guerre et de conflit », dixit le Comité Nobel norvégien.
L’année dernière le Prix Nobel d’Economie a été attribué à 3 économistes (dont une française) pour leur travail sur la pauvreté. C’est dire que la lutte contre la pauvreté et notamment le combat contre la faim dans le monde est un enjeu essentiel de notre temps.

A deux pas de chez nous, nos frères et sœurs malgaches subissent les effets du climat, entraînant une partie de la population dans la famine et la mort. Dans le reste du monde, l’épidémie du COVID a fragilisé les plus faibles et augmenté la pauvreté. On estime que 150 millions de personnes supplémentaire seront plongées dans la pauvreté, parmi eux, des « nouveaux pauvres », plus urbanisés, plus éduqués et plus fragiles aussi face à cette situation.

Il est affligeant de constater que le monde n’a pas su anticiper les répercussions de ces phénomènes environnementaux et sanitaires. A l’heure où nous arrivons à envoyer des objets dans l’espace, où nous réussissons de créer des réseaux de communication hyper-sophistiqués, où nous rentrons pleinement dans l’ère de l’intelligence artificielle, nous sommes incapables de fournir l’essentiel à l’ensemble des êtres humains vivant sur Terre.

Très clairement, il ne s’agit pas d’une question d’argent, les fonds existent. Ils utilisent la planche à billets quand le système est menacé d’effondrement. Il s’agit surtout de priorité. Pour les grandes puissances, les grands dirigeants, les grandes fortunes, la priorité n’est pas la lutte contre la faim. Pourtant, l’ONU a engagé tous ses membres sur la voie de « l’Élimination de la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde ». Seule la Chine a engagé dans une véritable course contre la pauvreté qu’elle espère gagner l’année prochaine.

Les membres du comité Nobel ont visé ce haut niveau-là. Espérons qu’ils fassent évoluer les mentalités et que, demain, toutes les écoles et toutes les institutions s’emparent du sujet et se mobilisent davantage pour en finir avec ce fléau qui est indigne d’une humanité, si évoluée.

Julie Pontalba