Edito

A Maurice, « le King Sugar est visiblement mort »

J.B. / 28 septembre 2018

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A La Réunion dans la filière canne, les planteurs font part de leur vive inquiétude au sujet de la campagne sucrière 2018. La récolte risque d’atteindre un bas niveau historique, en dessous de 1,6 million de tonnes. A cela s’ajoute une absence de bonus lié à l’intéressement sur la vente du sucre par Tereos, en raison d’un cours sous le seuil qui permet le déclenchement de cette mesure.

A Maurice, c’est précisément le prix du sucre qui focalise l’attention et amène « l’Express » à interroger sur l’avenir de la canne à Maurice. Rappelons que depuis 2009, les producteurs de l’île voisine n’ont plus de quota sucrier sur la marché européen. Ils avaient anticipé cette échéance en restructurant la filière : aide à la reconversion de planteurs abandonnant la canne, mise en valeur d’autres produits de la canne comme l’éthanol et abandon du sucre en vrac au profit du sucre blanc produit à partir d’une raffinerie construite sur place. Ce sucre blanc était vendu en Europe, où existait alors une demande liée à la baisse des quotas imposés aux industriels. C’est ainsi que le premier acheteur du sucre blanc mauricien avait été Südzucker, qui compensait ainsi la diminution de la production de ses usines.

Mais depuis l’année dernière, les quotas n’existent plus dans l’Union européenne. Les industriels ont anticipé cette échéance en préparant une hausse de leur productivité. Et Maurice est touché de plein fouet, explique « l’Express » du 26 septembre :

« À Rs 9 700 la tonne en 2018, c’est carrément la crise pour les sucriers, plus particulièrement les petits planteurs qui ne savent pas à quel saint se vouer. « Ce prix est le plus bas enregistré depuis la grande réforme sucrière de 2009. De Rs 15 500 la tonne en 2016, le prix a chuté à Rs 10 717 l’année dernière. Une situation à mettre sur le compte des distorsions de prix sur le marché européen et un renchérissement des coûts de production localement », analyse Heymant Sonoo, gros planteur et nouveau président du Syndicat des sucres ».

C’est donc une baisse de prix de plus de 30 % en deux ans. Ce qui fait écrire à « l’Express » que « La survie de l’industrie sucrière est-elle menacée ? À terme, faut-il mettre une croix sur son existence ? La question fait débat actuellement après le constat dressé par des experts de ce secteur et l’état des lieux réalisé par le comité conjoint gouvernement/secteur privé du tandem Raj Makoond/Vishnu Condeah. C’est un nouveau modèle qui se dessine. Le King Sugar est visiblement mort… » Et de souligner que : « Les différents partenaires réclament une série de mesures permettant à ce secteur d’être plus compétitif et de pouvoir s’adapter à un marché en pleine mutation. « Il nous faut non seulement valoriser le sucre, mais aussi ses sous-produits » ».

Une autre proposition est de regrouper toutes les industries dans une compagnie nationale, Mauritius Sugar, « La culture de la canne est trop importante à Maurice pour la préservation de l’environnement. Un saut quantique est nécessaire pour transformer cette industrie compliquée », explique le rapport annuel du groupe Médine.

A Maurice, l’alerte est donc lancée. A 200 kilomètres de là, La Réunion est elle aussi confrontée directement au marché mondial. Mais le débat n’atteint pas ce niveau. L’urgence est pourtant là.

J.B.



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  • Sucre=diabète=saccage des terres agricoles sur les territoires où il est cultivé, en plus, industriellement. Pourquoi ne pas reconnaître que les produits chimiques sont employés depuis longtemps ? Le sucre BIO-péi n’existe pas, il est trafiqué génétiquement ! Il serait bon aussi de dire depuis quand et les quantités d’engrais que l’on pulvérise. C’est bientôt de l’hisoire ancienne, le passé, pas l’avenir comme feu le tabac, le riz. C’est ainsi. Par contre, il faut s’occuper de faire en sorte que la Réunion, Maurice, comme pour l’énergie, soit autonome, le plus possible, sans oublier le sel.
    C’est quand même incroyable de réaliser que même ce conservateur, éhausseur de goût, est lui aussi importé en étant sur une île non ? On ignore combien l’île de la Réunion consomme de chlorure de sodium mais si déjà on en produisait la moitié, la totalité à terme, ce serait pas mal, même si le sel lui aussi trop consommé entraîne des dégats irréverssibles sur la santé en faisant monter la tension artérielle, dont les risques cardiaques, car il a le pouvoir de faire retraicir les vaisseaux sanguins : veines, artères. Et de donner soif. Si en plus on se déalstère avec de l’alcool, alors là, on touche à autre chose de grave. Tout est lié de toute façon, il faut alerter, prévenir, aprèe les citoyens feront comme ils voudront, en connaissance de caude. Il sera ensuite trop tard pour s’en sortir et se plaindre,regretter sera à la fois inutile et trop tard ! ! ! Bon We à tous et toutes, Arthur.

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  • Faites du Rhum ;)
    Une fermente
    Une bonne distille
    Et le tour est joué
    Le marché du Rhum c’est pani pwobleme

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