Edito

À quand la chasse aux signes ostentatoires d’inégalité ?

J.B. / 2 mars 2018

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Une circulaire du ministère de l’Education a suscité un vif émoi hier. Le but est de rappeler qu’à La Réunion, les lois votées en France doivent s’appliquer mécaniquement. Le thème choisi est d’empêcher la présence de signes montrant une appartenance religieuse dans l’enceinte des établissements scolaires. Plusieurs associations sont montées au créneau. Tamij Sangam a dénonce « cette atteinte à l’harmonie et au vivre ensemble des Réunionnais tant vanté par les mêmes autorités » faite « au nom d’une laïcité française ». Le principe de cette circulaire s’appuie sur le principe de la République une et indivisible.

Justement, sur les frontons des mairies figure la devise de la République : « Liberté, égalité, fraternité ». Pourtant, les signes ostentatoires d’inégalités ne cessent de s’afficher. Tout d’abord devant les écoles, où nombreux sont les parents qui amènent leurs enfants devant la porte en voiture. Cet objet de consommation joue le rôle de marqueur social, avec des modèles qui s’apparentent à des signes extérieurs de richesse. À l’intérieur des établissements, les signes ostentatoires d’inégalités sont là aussi. Cela se remarque par les objets que les élèves portent, qui dépendent du pouvoir d’achat des parents.

Un autre signe ostentatoire d’inégalité se retrouve dans l’orientation des élèves. Les enfants de classes populaires sont surreprésentés dans les filières professionnelles, qui donnent accès aux diplômes les moins élevés, tandis que ceux des classes favorisés sont proportionnellement plus nombreux que leur part dans la population dans les filières donnant accès aux études longues, avec à la clé des diplômes d’un niveau plus élevé. C’est ce que soulignent les études portant sur l’origine sociale des élèves dans le système éducatif français. Or, il s’avère que plus le niveau de diplôme est élevé, plus il protège du chômage, y compris à La Réunion.

Les personnels de l’Education nationale manifestent souvent pour revendiquer plus de moyens dans les établissements. L’objectif est d’améliorer la qualité de l’enseignement public au bénéfice de tout le monde. Car les enfants des classes populaires n’ont pas les moyens financiers d’avoir accès à des cours particuliers pour renforcer leurs connaissances. Mais pour les gouvernements qui se succèdent, force est de constater que la priorité n’est pas de combattre les inégalités qui font tant de mal à la cohésion de la société réunionnaise.

J.B.



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  • Chacun devrait avoir la possibilité de s’habiller comme il veut en respectant un minimum de décence et n’affichant aucune provocation religieuse ou politique à l’égard des autres . Même si on dit que l’habit ne fait pas le moine, la façon de s’habiller et de se présenter en public peut dire beaucoup de chose sur les gens qui circulent sur les voies publiques et à mon avis il ne faut pas trop réglementer sur ce plan là , car un excès réglementaire violerai le principe constitutionnel de liberté . Certes il faut sans doute obliger les gens au respect mutuel et interdire certains signes ostentatoires sur les lieux publics et même dans les lieux privés recevant librement le public ,mais le principe de la liberté contenu dans notre devise nationale devrait nous amener à respecter la façon de s’habiller des gens .

    Cependant je pense que l’on peut apporter une exception à ce principe de liberté pour ce qui concerne les établissements scolaires qu’ils soient publics ou privé . Car même si l’habit ne fait pas le moine il y a des gens qui peuvent recevoir un traitement de faveur selon leur façon de s’habiller . Ce qui serait contraire au principe d’égalité de la constitution . Dans sa fable " le renard et le Corbeau " monsieur De La Fontaine nous le rappelle bien lorsqu’il écrit " si votre ramage ressemble à votre plumage , vous êtes le phénix des hôtes de ce bois " .Appliqué à tout le monde , le ramage c’est notre parole et le plumage c’est nos vêtements , et le fabuliste nous rappelle à cette occasion que ceux qui s’habillent bien ne sont pas forcément les meilleurs mais aussi que ceux qui sont intelligents ne sont pas habillés comme des phénix , et comme on traite les gens en fonction de leurs apparences , on peut créer des inégalités insupportables pour ceux qui ne paraissent pas ce qu’ils sont en réalité .
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    Pour permettre à chacun de recevoir le traitement qu’il mérite , il faudrait peut être que les enfants qui fréquentent les établissement scolaires portent un uniforme . Cette pratique existe dans de nombreux pays et donne de très bons résultats en tout cas peut renforcer le sentiment d’unité et d’appartenance nationale et éviter certains rejets dus à une position sociale défavorisée . Pourquoi ne pas la généraliser en France ? La question mérite peut être une réflexion plus approfondie et peut être même une consultation populaire .

    Pour ma part, moi, qui ai beaucoup souffert de ma position sociale défavorisée lorsque j’étais scolarisé j’aurai tendance à préférer l’obligation de porter l’uniforme à l’école , dans les collèges, les lycées et les universités . C’est une manière aussi de rappeler que nous somme tous égaux en droit et notamment de devant le droit de recevoir une formation identique et égale pour tous .

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  • Un pour tous et tous pour un ...uniforme à l’école. Là je suis entièrement d’accord avec vos propositions. Les a priori ne devraient pas freiner la progression d’un bon élève parce que les moyens financiers de ses parents sont limités. Ou bien parce que ces derniers font preuve de bon sens en évitant de créer la pollution aux abords des écoles et de s’endetter pour l’achat d’une très grosse voiture. Mais comment sensibiliser une population réunionnaise conditionnée par la vitrine de tout bling-bling. L’essentiel est mis de côté et le paraitre semble plus d’important aux yeux de nos enfants. Faut-il - informer les parents : ce n’est pas parce que l’enfant n’a pas le dernier modèle de portable ou de chaussure de grande marque... qu’il sera rejeté par toute la société. Sa frustration ne doit pas prendre le dessus sur son équilibre et endetter un peu plus les parents.

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