Edito

« A ! Ti pa, ti pa, narivé ! »

LB / 20 mars 2009

"Témoignages" a eu raison hier d’annoncer que ce jeudi ne serait pas un 19 Mars comme les autres. Cette date anniversaire d’importance historique a en effet été marquée par une mobilisation massive des Réunionnais pour soutenir les revendications socio-politiques du COSPAR.
Malgré la pluie, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Saint-Denis et de Saint-Pierre afin de dire non au projet de protocole injuste conclu entre le représentant de l’État et les patrons du MEDEF qu’on voudrait imposer au Collectif des Organisations Syndicales, Politiques et Associatives de La Réunion. Devant les foules réunies après les défilés, les porte-parole du COSPAR ont appelé les Réunionnais à continuer leur mobilisation et à renforcer leur union autour des propositions pour un accord global, qui seront faites à leurs interlocuteurs dans les prochains jours.

Un autre élément a marqué ces manifestations et donc ce 19 Mars : c’est la présence, pour la première fois dans un défilé du COSPAR, d’un groupe de plusieurs dizaines d’associations culturelles et éducatives, qui ont apporté — pour la plus grande joie du public — leur note identitaire et artistique réunionnaise à cette mobilisation. Ce groupe était précédé de deux banderoles au message fort : « Nyabou an Rényoné » et « Lang Kiltir Édukasyon : dobout ansanm ».
Tout au long du parcours dans les rues de Saint-Denis, les militants de ces associations ont scandé des refrains connus, du style : « Tyinbo serré, la pa pou largué. La Réunion sa lé anou, sa lé pa bann-la. Si fo levé, nou va levé. La Rényon la di, La Rényon la fé, La Rényon va komandé. Mèt ansanm ! ». Et lors du meeting devant la préfecture, l’artiste Kristof Langrom a pris la parole aux côtés de Gilles Leperlier, Jean-Alain Cadet et Ivan Hoareau pour lancer un appel à unir la culture, l’identité, l’éducation et le social.

Ce renfort en nombre du mouvement associatif au sein du COSPAR est un élément déterminant pour la suite de la bataille. Il montre à quel point le COSPAR n’est pas figé mais ouvert et toujours plus représentatif des Réunionnais.
Il montre aussi à quel point les Réunionnais sont capables de s’unir en faisant le lien entre les dimensions socio-professionnelle, économique, politique, environnementale, éducative, culturelle et identitaire de leur combat pour un avenir meilleur. Cette union est vitale car, comme on l’a chanté hier dans la rue, « somin la lutte sa lé long. A ! Ti pa, ti pa, narivé ! ».

L. B.