Edito

Accord UE-Vietnam : un nouveau concurrent pour le sucre réunionnais

Manuel Marchal / 14 février 2020

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L’accord commercial entre l’Union européenne et le Vietnam vient d’être ratifié par le Parlement européen. Au moment de la signature de cet accord, en 2016, la Commission européenne avait fait un état des lieux des échanges commerciaux entre les deux signataires :

« En 2014, l’Union européenne était le deuxième partenaire commercial du Vietnam derrière la Chine (hors ASEAN) et comptait pour 10 % des échanges de ce pays. L’Union était quant à elle la deuxième zone d’exportation du Vietnam (derrière les États-Unis), absorbant rien moins que 18 % de l’ensemble des exportations vietnamiennes.
En 2014, les échanges de biens entre l’UE et le Vietnam équivalaient à 28,2 milliards d’euros, répartis entre 22,1 milliards pour les importations européennes en provenance du Vietnam et 6,2 milliards pour les exportations de l’Union vers le Vietnam.
Les principaux produits vietnamiens exportés vers l’Union incluent les téléphones, les produits électroniques, les chaussures, les textiles et les vêtements, le café, le riz, les fruits de mer et les meubles. L’Union, quant à elle, exporte au Vietnam essentiellement des produits de haute technologie, dont des machines et des équipements électriques, des avions, des véhicules et des produits pharmaceutiques.
Dans le secteur des services, les échanges bilatéraux se sont élevés au total à 2,9 milliards d’euros en 2013, avec un léger excédent en faveur de l’Union.
L’Union européenne est l’un des grands investisseurs étrangers au Vietnam. En 2013, les investisseurs européens ont engagé plus de 500 millions d’euros en investissement direct étranger, demeurant ainsi au sixième rang des grands partenaires étrangers du Vietnam dans ce domaine ».

Au moment de la signature, grande était l’inquiétude du côté de Tereos, car l’accord donne la possibilité au Vietnam d’exporter vers l’Europe des sucres spéciaux. Il était alors question d’un quota de 20.000 tonnes, alors que le marché européen a un volume de 200.000 tonnes par an, assuré pour moitié par le sucre réunionnais.
L’accord prévoit finalement que chaque kilo de sucre de canne vietnamien exporté vers l’Europe soit frappé d’une taxe de 34 centimes quand il doit être raffiné, ou de 42 centimes dans les autres cas. Mais l’accord prévoit que les 20.000 premières tonnes de sucre brut exportées par le Vietnam soient exonérées de taxe, ainsi que les 400 premières tonnes de sucres spéciaux. Cet accord permet néanmoins à un nouvel acteur d’être présent sur le marché, aura-t-il la possibilité de concurrencer la production réunionnaise en compensant le coût des taxes par des gains de productivité ?

Reste à savoir si les clauses concernant le sucre ne seraient pas amenées à évoluer. En effet, le monde est plongé dans une guerre économique déclenchée par Donald Trump. Cela oblige les Européens à intensifier leurs échanges avec d’autres partenaires que les Etats-Unis. L’Asie du Sud-Est est donc un marché important pour toutes les exportations de biens manufacturés, dont les avions.
Si l’Europe veut encore augmenter les exportations de ces biens coûteux vers le Vietnam, ne serait-elle pas contrainte à faire des concessions en ouvrant encore plus son marché au sucre vietnamien ? Si tel était le cas, alors la filière canne aurait du souci à se faire, d’autant plus que l’Union européenne va signer d’autres accords avec des pays exportateurs de sucre.

M.M.



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  • Raison de plus de changer, l’actu nous donne raison, devançons-là en agissant, comment ? En considérant que le sucre, ce n’est plus rentable, surtout s’il n’est plus subventionné, sans oublier qu’il entraîne le diabète, un autre fléau dont on pourrait se passer, qui coute énormement d’argent pour soigner les malades atteints de diébète et pour se prévention. Cette terrible maladie apporte une incapacité à se bouger, paralyse, fait venir la gangrène qui déclanche les amputations des membres et qui s’attaque aux yeux, à la vue donc puis au reste du corps, pouah !

    L’agriculture Bio est à développer, l’économie d’eau aussi, faire rendre la Réunion autonome en énergie et en alimentation, avec de beaux produits, locaux, savoureux, remplis de vitamines, voilà qui sera mieux que du sucre à ne pas savoir quoi en faire, cher, plus rentable et des produits même bio, ceux-là importés donc pas vraiment clean côté CO3 dépensé. et puis les autres, gorgés de produits chimiques, des conservateurs, bref, pas bons, qu’en pensez-vous ? Arthur qui tousse en vélo au milieu des moteurs diésels, majoritaires qui envoient leurs micro particules cancérigènes pour nos poumons, ceux de nos enfants, nés ou à naitre, quel beau cadeau-souvenir pour eux qui n’ont rien demandé que de vivre propre, en paix !

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