Edito

Aider les compagnies aériennes plutôt que les entreprises réunionnaises du BTP

J.B. / 3 novembre 2017

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La feuille de route du gouvernement prévoyait de continuer de diminuer les dotations de l’État versées aux collectivités. Sous la présidence de François Hollande, l’enveloppe avait diminué de 11 milliards d’euros. Pour sa part, Emmanuel Macron annonçait une baisse de 13 milliards sur 5 ans. Un tel projet avait suscité une vive opposition du côté des collectivités, car ces institutions assument en effet des compétences supplémentaires qui étaient auparavant sous la responsabilité de l’État.

Finalement, le gouvernement a décidé de ne pas baisser les subventions l’année prochaine, la DGF sera quasiment gelée, avec une hausse de 0,4 % soit environ l’inflation en France.

Hier, c’est à la Région Réunion qu’il a été question des répercussions du plan d’austérité sur les collectivités. C’est en effet le prétexte invoqué par la majorité pour annoncer une baisse de 115 millions de ses dépenses lors du débat sur les orientations budgétaires 2018. Cette cure de rigueur épargnera le chantier de la route en mer. Les dépenses de fonctionnement baisseront de 7 % pour s’établir à 452 millions d’euros, tandis que l’investissement hors route en mer subira une chute encore plus importante : de 300 millions à 220 millions d’euros, soit une diminution de 26 %. Or, ce n’est pas sur le chantier de la route en mer que les entreprises réunionnaises peuvent compter pour faire de l’activité. Les marchés sont en effet attribués à des groupes extérieurs, et la nature marine du chantier impose le recours à des compétences qui ne sont pas celles des PME du BTP. Autant dire que la baisse de 26 % de l’investissement hors route en mer est un nouveau coup porté à l’économie réunionnaise. Ce sont autant de marchés de moins qui sont à la portée des entreprises réunionnaises.

Face au contexte budgétaire imposé par l’État, d’autres choix étaient possibles, car le budget de fonctionnement de la Région comporte d’importantes dépenses qui ne sont pas obligatoires. En effet, depuis 2010, la majorité régionale a dépensé des dizaines de millions d’euros chaque année dans des mesures destinées à lui construire une popularité. Ce sont notamment des subventions aux compagnies aériennes pour que le prix payé par le voyageur soit moins élevé, et le plan de distribution de bons d’achat de 500 euros à faire valoir sur l’acquisition d’un ordinateur portable pour chaque nouveau lycéen, sans condition de ressources. La majorité de la Région a décidé de ne pas remettre en cause ces mesures qui contribuent notamment à renchérir le coût du billet d’avion, comme souligné dans un rapport de la Cour des comptes, et qui sont une manne pour les rayons informatiques de la grande distribution. Mettre en place des critères sociaux, notamment en fonction de la non-imposition, aurait été de nature à cibler le versement des subventions aux familles qui en ont vraiment besoin. Cela supposait de mettre en avant la solidarité, ceux qui ont plus de moyens devant être convaincus que d’autres plus démunis peuvent bénéficier d’aides sociales de la Région.

Ceci aurait eu pour effet de maintenir les investissements qui participent au chiffre d’affaires des entreprises réunionnaises du BTP.

Tel n’a pas été le choix de la Région Réunion. La crise du BTP est loin d’être terminée.

J.B.



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  • Je pense qu’aider les gens à sortir de l’île pour aller voir, vivre aillleurs c’est bien, bien mieux que de voir les plus beaux reportages télé, rien ne vaut que la réalité dans notre monde rempli d’images, choc ou sublimes, de la nature à respecter, de nouveaux espaces qui ne demandent qu’à être visités, admirés, partagés. Ceci dit, qui nous dit que les cinq compagnies aériennes qui désservent la Réunion, ne répercutent-elles pas les aides en osant augmenter leurs tarifs quitte à pratiquer toujours ces fameux prix d’appel, pour attirer finalement toujours la même cible commerciale, majoritairement des retraités, parfois en plus indéxés (on ne se refuse rien chez les baby boomer), qui accumulent aussi du coup les fameux miles à ne plus savoir qu’en faire ? En effet, pour faire des économies, il faut rappeler que mis à part le personnel des compagnies et leur famille qui en bénéfécie déjà, il ne nous reste plus que ; de réserver longtemps à l’avance, certains peuvent se permettre de le faire un an avant la date choisie ! Ou bien de partir "hors congés scolaires", payer avec des chèques vacances, utiliser les fameux miles cités plus haut.
    Lorsqu’on connait les prix locaux et que l’on calcule le prix "au km survolé"’, on se rend compte que pour ici, la région, c’est pas du tout donné ! Alors à quand la véritable liberté, celle qui permettrait de faire venir des compagnies low coast, style Ryan Air, Easy Jet, ou celle d’Air France nouvellement créée ? On verra bien si les décideurs s’occupent vraiment de nous, nous permettre de voler mais au sens propre, revoir Paris. Bon WE à tous et toutes, Arthur.

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