Edito

Après l’extension de l’OTAN dans l’ex-URSS, le retour des « euromissiles » ?

Donald Trump veut sortir les Etats-Unis d’un traité de désarmement nucléaire

J.B. / 24 octobre 2018

Contrairement à l’engagement pris lors de l’intégration de la République démocratique allemande dans la République fédérale allemande, les Etats-Unis ont soutenu l’extension de l’OTAN dans les pays d’Europe de l’Est et dans d’anciennes Républiques soviétiques. Cette offensive subit un coup d’arrêt en Ukraine. Mais la décision de Donald Trump de dénoncer le traité de désarmement nucléaire signé par l’URSS et les Etats-Unis en 1987 ouvre la voie au retour des « euromissiles ».

JPEG - 13.7 ko

Dans les années 1980, la Guerre froide atteignit un sommet de tension. Ce fut l’époque du déploiement de centaines de missiles porteurs de bombes atomiques ce part et d’autre de la frontière entre les pays de l’OTAN et ceux du Pacte de Varsovie. Lancés depuis l’Allemagne, ces missiles pouvaient atteindre Moscou en quelques minutes afin de tuer des millions de personnes. En Europe de l’Ouest, d’importantes manifestations avaient lieu pour protester contre l’arrivée de ces « euromissiles » venus des Etats-Unis. Jamais dans l’histoire de l’humanité, une puissance de destruction aussi importante n’avait été implantée sur un territoire aussi peu étendu.

Le désarmement des années 1990

Les dirigeants de l’URSS ont alors pris l’initiative de ne plus faire de l’Europe un champ de bataille potentiel. Ils proposaient la destruction de tous les missiles nucléaires pour l’an 2000. Face au refus des Etats-Unis, un compromis fut trouvé. Il s’agissait d’un traité imposant le démantèlement des missiles à courte et moyenne portée. Il fut signé en 1987. L’URSS avait fait une concession importante, car les missiles de l’armée française enterrés dans le Sud de la France n’étaient pas concernés par le traité. Ces armes de destruction massives furent ensuite démantelées sous la présidence de Jacques Chirac. Ainsi l’Europe était libérée de la menace immédiate d’une guerre nucléaire.
Mais les Etats-Unis ont profité de la disparition de l’URSS pour ne pas tenir la promesse faite à la suite de l’annexion de la RDA dans l’OTAN. L’organisation militaire occidentale ne devait pas s’étendre dans les anciens pays du Pacte de Varsovie, c’était une des conditions de la réunification de l’Allemagne.

Echec de l’OTAN en Ukraine

Force est de constater que l’OTAN comprend désormais même des Etats qui faisaient partie de l’Union soviétique : Estonie, Lituanie et Lettonie. Ceci permet à des chars amércains de mener des patrouilles à portée de vue des postes frontières russes. Le coup de force en Ukraine visait à faire basculer ce grand pays sous la coupe de l’OTAN, mais il n’a pas atteint son but face à la résistance dans le pays. L’OTAN a également échoué à s’emparer de la base militaire de Sebastopol, en raison du choix des habitants de la Crimée d’être de nouveau une partie de la Russie.
Donald Trump a décidé d’aller plus loin que Barack Obama. Il a décidé de renier le traité interdisant les missiles de courtes et moyennes portées. C’est un nouveau gage à l’industrie de l’armement des Etats-Unis, mais cela rend possible le retour à une époque où l’Europe était une poudrière concentrant des armes nucléaires.

J.B.