Edito

Après la COP24 : les élus de La Réunion doivent rendre publics leurs engagements pour le climat

J.B. / 17 décembre 2018

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La question de l’adaptation au changement climatique reste posée pour le chantier de la route en mer.

Comment rendre opérationnel l’Accord de Paris ? C’était l’enjeu de la COP24 de Katowice en Pologne, conférence de l’ONU sur le climat qui s’est achevée samedi matin après deux semaines de travaux.
« Les directives contenues dans cet ensemble de Katowice sur le climat constituent les fondements pour la mise en œuvre de l’Accord à partir de 2020 », précise Michal Kurtyka, président de la CO24. Le communiqué de l’UNFCCC (Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique) ajoute que l’ensemble de Katowice « définit les modalités selon lesquelles les pays fourniront des informations sur leurs Contributions déterminées au niveau national (CDN), contributions qui décrivent les efforts de chaque pays pour réduire les émissions domestiques. Ces données comprennent les mesures d’atténuation et d’adaptation ainsi que des précisions sur le soutien financier à l’action climatique dans les pays en développement ».

C’est donc la confirmation d’un acquis de l’Accord de Paris : les pouvoirs publics et les entreprises sont au pied du mur. Il s’agit de publier les engagements concrets qui devront être tenus pour prendre part à un objectif mondial : limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 degré de plus qu’avant la période industrielle. Depuis la diffusion du capitalisme dans le monde, cette hausse est déjà de 1 degré. Il ne reste donc que peu de temps pour agir, alors que la population du monde dépasse 7 milliards d’habitants, et que la consommation de pétrole et de charbon ne cesse de progresser.

Le moment de la rupture est bel et bien arriver. Personne ne pourra se dérober, à moins de vouloir être un acteur d’une idéologie qui vise à rendre la planète invivable au nom du profit financier à court terme. La Réunion ne sera pas à l’écart de ce grand chantier. Toutes les collectivités devront elles aussi publier leurs engagements pour aller vers une nouvelle civilisation. C’est un enjeu majeur, tout silence sur cette question ira à l’encontre d’une dynamique mondiale pour changer de civilisation. Souhaitons que La Réunion ne s’illustre pas dans un combat d’arrière-garde pour tenter de préserver un système qui mène l’humanité à la catastrophe, et qui est à l’origine d’une des plus importantes extinction de masse depuis que la Terre existe.

J.B.