Edito

Attaque de requin à La Réunion : le maire de Saint-André est-il responsable ?

J.B. / 22 février 2017

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Hier, La Réunion a vécu un nouveau drame. Un jeune a été tué par un requin à Saint-André. Trois heures plus tard, Jean-Paul Virapoullé s’est exprimé à la télévision pour fustiger les scientifiques. Et d’appeler à éradiquer les requins. Jean-Paul Virapoullé est maire, il est donc responsable de la sécurité sur le territoire de la commune qu’il a décidé de diriger. Hier dans le journal Ouest-France, premier quotidien de presse régionale en France, un scientifique a présenté une analyse des causes de ce drame. Voici ce qu’il a dit à nos confrères :

« Il a beaucoup plu ces derniers jours, indique Marc Soria, ingénieur de recherche en biologie du comportement animal au sein de l’IRD (Institut de recherche pour le développement), à La Réunion. La pluie a drainé des matières organiques, attirant les poissons, générant une concentration de nourriture et un signal olfactif pour les requins. On sait que ces zones d’eau turbide, à l’embouchure des rivières, les attirent, particulièrement en période de houle et quand il pleut énormément comme en ce moment. »

L’étude Charc n’avait pas porté sur la côte Est où a eu lieu l’attaque de ce mardi, précise Marc Soria, « mais on peut penser que la zone de Saint-André et l’embouchure de la rivière du Mât réunissent les conditions pour servir de nurserie ou d’arène de reproduction » aux requins.

« Les requins de l’océan Indien ont-ils plus de mal à se nourrir au large, à cause de la surpêche et du dérèglement climatique ? Est-ce la faim qui les pousse à se rapprocher des côtes réunionnaises, et qui les rendrait plus agressifs à un moment donné, au passage d’une planche de surf ? Difficile à dire… »

Il rappelle aussi qu’il y a plus de gens dans l’eau que par le passé, avec une explosion des activités balnéaires et aquatiques depuis les années 1980 : « Tout ce qui fait augmenter la probabilité de rencontre avec certains squales augmente aussi la probabilité d’accident ou d’attaque… »

« La zone de Saint-André et l’embouchure de la rivière du Mât réunissent les conditions pour servir de nurserie ou d’arène de reproduction », affirme donc le scientifique de l’IRD. Cette réalité n’est pas connue depuis hier. De deux choses l’une. Le maire de Saint-André a-t-il pris connaissance des travaux des scientifiques mettant en garde contre le risque requin dans sa commune ?

En effet, la crise requin pose une nouvelle fois la question de la responsabilité de l’élu. Rappelons qu’il y a quelques années, des maires ont été traduits en justice pour des problèmes d’assainissement à l’origine de la pollution de l’eau, quand bien même ces maires venaient juste d’être élus et n’étaient donc pas personnellement pas coupables du retard pris. Mais c’est le principe de la continuité de l’État qui s’était appliquée.

En tant que responsable de la police de sa commune, un maire a la responsabilité de faire appliquer les décisions préfectorales. Un arrêté interdit la pratique des activités nautiques telles que le bodyboard là où le drame a eu lieu. Autrement dit, le maire de Saint-André a été défaillant sur ce point et cela d’autant plus que selon un membre de l’Institut de recherche pour le développement souligne que « la zone de Saint-André et l’embouchure de la rivière du Mât réunissent les conditions pour servir de nurserie ou d’arène de reproduction » de requins.



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  • Mètte pas la main dann gamelle lo shien kan lu lé affamé. Surtout si c’est un chien bouledogue. Cette mise en garde des anciens s’appliquait aussi pour le requin. Sans prendre la défense du maire de Saint-André, qui sans doute, a sa part de responsabilité dans la gestion de la sécurité marine de sa ville, le pratiquant de sport nautique qui en connaissance de cause se jette à l’eau à proximité d’une embouchure infectée de requin est également responsable.

    Avant cette prétendue " crise requin", dans les année 70-80, ces drames liés aux accidents de pêche et de baignade étaient monnaie courante, y compris dans l’Est. Cependant, il n ’y avait pas cette agitation médiatique avide de sensationnel. Il n’y avait pas l’appel à la tuerie de tous ces requins qui n’oublions pas, assument leur rôle de charognard des mers en éliminant les déchets produits par l’homme. Bien avant l’apparition de l’homme sur la terre, le requin était nécessaire pour l’équilibre dans son écosystème. Et l’homme qui a déjà bouleversé sa réserve de nourriture à cause de la surpêche et de la pollution, veut l’éliminer pour le plaisir, le loisir et peut-être par ignorance.

    Cherche-t-on d’autres solutions pour que chacun s’adapte à l’autre ou bien faut-il que l’homme respecte son environnement ? En foutant, un gramoune propose de construire un mur ( comme à Berlin ) tout autour de la Réunion pour chacun puisse égoïstement vaquer à ses occupations. Réplique d’un autre gramoune avec l’œil malicieux : " tiktabouète, banna lé kapable saute le mur pou embète bann requin"
    Michel.M

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