Face à l’impasse, l’urgence d’une Conférence territoriale élargie pour construire l’avenir de La Réunion
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28 février 2014, par

Ce mercredi, deux événements ont été les temps forts de l’actualité parlementaire. Tous deux sont porteurs de fortes perspectives.
Au Sénat, c’était le grand débat sur l’Outre-mer. A l’initiative de Paul Vergès, la Haute assemblée avait donc organisé un échange de points de vue sur la question de l’Outre-mer. Il est à noter que tous les groupes parlementaires se sont exprimés. Cela a pu être l’occasion d’un large tour d’horizon des défis auxquels sont confrontés des territoires trop souvent vus de France comme un ensemble uniforme. C’est ce que rappelle le titre du ministère qui en est plus particulièrement chargé. Auparavant, c’était le ministère des DOM-TOM, aujourd’hui c’est celui des Outre-mer. Le débat a permis de montrer aux parlementaires toute la différence qui existe entre l’Océanie, La Réunion, Mayotte, les Antilles et la Guyane.
Etant à l’initiative du débat, Paul Vergès a été le premier à s’exprimer. Après le rappel de l’ampleur de la crise et de ses causes, l’élu réunionnais a souligné que l’incapacité du cadre actuel à régler les problèmes est un sentiment de plus en plus partagé. D’où cette conclusion : « je crois le moment venu, monsieur le Ministre, mes chers collègues, de jeter les bases d’un nouveau compromis historique, en particulier pour La Réunion : ce compromis doit permettre de concilier notre appartenance à la France et à l’Europe, avec notre insertion dans notre environnement géoéconomique. Cette nouvelle donne est fondatrice d’un nouveau pacte de développement inaugurant une nouvelle ère pour nos pays ».
Le même jour au Parlement européen, le travail d’un autre élu réunionnais avait amené cette assemblée à débattre sur La Réunion et les autres pays partageant avec elle le statut de région ultrapériphérique de l’Union européenne.
En effet, Younous Omarjee, député de l’Alliance des Outre-mer, présentait ce mercredi son rapport d’initiative sur l’avenir des RUP. C’est une démarche qui vise notamment à aller à l’encontre des clichés habituellement véhiculés en Europe. Là bas, certains font courir l’idée que les RUP sont une charge, c’est la vieille image des « Danseuses de la République ».
Au contraire, les RUP donnent aux Européens un atout considérable. Elles sont une source de richesse incomparable pour ce continent en pleine crise.
« Le soutien de l’Union européenne à ses régions ultrapériphériques n’est pas la simple expression de la mise en œuvre d’une solidarité européenne, il est un soutien au bénéfice même de l’ensemble de l’Union européenne dans la réalisation de ses propres objectifs en termes de croissance, de rayonnement dans le monde et de participation à la résolution des grands défis planétaires », explique l’exposé des motifs du député de l’Alliance des Outre-mer.
A une très large majorité, les députés de 28 États membres de l’Union européenne ont soutenu cette nouvelle approche.
Ces deux débats montrent que les Réunionnais peuvent être les initiateurs d’une nouvelle ère dans les relations entre l’Europe et les îles.
J.B.
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