Edito

Ava rappelle l’inadaptation de La Réunion au climat tropical

J.B. / 4 janvier 2018

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Ava est le premier phénomène météorologique de la saison cyclonique suffisamment important pour être baptisé. C’est une tempête tropicale modérée. Elle se situait hier à plus de 500 kilomètres au large de La Réunion. Notre île était donc affectée par la périphérie du système. Il a apporté de fortes pluies et des orages, qui ont fait des dégâts.

Par mesure de sécurité, la route de Cilaos a été fermée la nuit dernière. La route du littoral est à moitié interdite à la circulation, seule les voies côté mer sont ouvertes à la circulation. Fort heureusement, ce phénomène météo a lieu pendant les vacances scolaires. Cela signifie que les plus de 200.000 jeunes fréquentant les écoles ainsi que les dizaines de milliers d’encadrants ne sont pas dans l’obligation de se déplacer.

Eu égard à l’ampleur des perturbations entraînée par le passage à plusieurs centaines de kilomètres au large d’une tempête tropicale modérée, il y a lieu de s’interroger sur ce que cela aurait donné si cela avait été un cyclone plus proche de notre île. Une fois de plus, le manque d’adaptation de La Réunion au climat tropical se révèle, notamment dans les transports. Et le choix de lancer un chantier de route en mer irréaliste a encore reporté la résolution de la sécurisation de la liaison entre le Nord et l’Ouest, où vivent plus de la moitié de la population. Une fois ce chantier définitivement arrêté, Il faudra de nombreuses années pour rattraper le temps perdu. Rappelons que si l’accord entre la Région et l’État signé en 2007 avait été respecté, alors tout serait réglé depuis l’an dernier grâce à la mise en service de deux nouvelles infrastructures : un tram-train et une nouvelle route du littoral.

Le passage au large d’Ava rappelle également que les Réunionnais retrouveront le chemin de l’école au mois de janvier, en pleine période des cyclones. En effet, l’idée de rapprocher le calendrier scolaire réunionnais de la réalité climatique en France vise à faire des vacances d’hiver les plus longues de l’année, au détriment de celles d’été. Hors, l’été est le moment où le risque de cyclone est le plus élevé. La logique veut que la rentrée s’effectue au mois de mars, mais elle n’est pas respectée au nom d’intérêts qui ne sont pas ceux des jeunes Réunionnais.

J.B.