Edito

Avis favorable pour un forage pétrolier en Guyane : où est le respect de l’Accord de Paris ?

J.B. / 19 octobre 2018

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Total, groupe pétrolier français, a pour projet d’exploiter un potentiel important gisement de pétrole au large des côtes de la Guyane, un département français d’outre-mer. Une enquête publique organisée par la France proposait aux citoyens de s’exprimer sur ce sujet. Elle a connu une participation record, avec près de 8.000 contributions. 98 % des participants ont fait part de leur opposition à ce projet, en s’appuyant notamment sur le respect de l’environnement. En effet, l’exploitation pétrolière offshore n’est pas sans risque. C’est ce qu’avait rappelé plusieurs années plus tôt la catastrophe de la plate-forme Deepwater Horizon en 2010. Une explosion a entraîné la libération dans l’océan de plus de 10 millions de litres de pétrole par jour pendant trois mois. Selon les estimations, la quantité de pétrole déversée dans l’océan était supérieure à celle du naufrage de l’Amoco Cadiz. Il a fallu de longues semaines pour colmater la brèche creusée dans la croûte océanique pour tirer des profits d’une ressource naturelle stockée depuis des millions d’années.

Or, à la grande surprise des Guyanais, le commissaire enquêteur a donné un avis favorable au projet de Total, se rangeant aux arguments de la compagnie pétrolière. Rappelons en effet qu’un récent projet de loi a interdit les forages pétroliers en France. Cette mesure vise à inscrire la législation française dans l’Accord de Paris, qui pour être respecté oblige à réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre, dont le pétrole est notamment à l’origine. Mais pour bien rappeler que la République ne se résume pas qu’à la France, cette loi ne s’applique pas dans les départements qui ne sont pas situés en Europe. Ainsi, si l’avis du commissaire enquêteur est suivi, il sera possible pour Total d’exploiter du pétrole dans une zone sous souveraineté de la République française.

Cette décision est une illustration concrète de la politique énergétique du gouvernement. Valider l’exploitation pétrolière en Guyane, c’est montrer que l’objectif n’est pas de respecter l’Accord de Paris.

J.B.



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  • Il faudrait poser le problème au niveau international .Quand tous les pays du monde sont autorisés à exploiter leurs réserves pétrolières sans avoir à demander l’autorisation à une autorité internationale , les pays qui s’interdisent de le faire se pénalisent par rapport aux autres et leur action n’empêche pas le réchauffement climatique .

    Comme la consommation de sources d’énergies fossiles pénalisent toute la planète et commence à mettre en danger l’existence même de la vie , il faudrait mettre en place très rapidement une autorité internationale qui contrôle l’exploitation de ces ressources en attendant de les remplacer par des sources d’énergie moins polluantes .

    Ce ne serait donc pas à la France d’autoriser ou d’interdire l’exploitation d’un gisement de pétrole mais une autorité supranationale . Néanmoins lorsque notre pays s’engage dans un accord international à ne plus exploiter de puits de pétrole sur son territoire national ; il doit respecter son engagement sauf si cet engagement ne vise qu’une partie du territoire .. Ce qui semble être le cas en l’espèce .

    La véritable question est donc de savoir si un Etat peut légitimement s’opposer la volonté clairement exprimée de toute une population .

    Non bien entendu, mais à conditions que cette volonté ait été exprimée dans le cadre des lois prévues à cet effet . ; ce qui ne semble pas être le cas non plus . La souveraineté populaire s’exprime dans notre pays par des élections et non par des enquêtes publiques , car les autorités peuvent toujours passer outre les avis des enquêtes publiques . Et à mon avais ce que peuvent faire les Guyanais pour bloquer ce projet d’exploitation pétrolière au large de leurs côtes ; C’est d’organiser un référendum régional sur la question .Il me semble que les référendums locaux sont maintenant autorisés par la constitution et ce référendum pourrait être organisé par les autorités régionales ou communales Guyanaises et si son résultat est positif , il devrait s’imposer l’Etat. Le problème de l’aéroport international de la Région Vendée Bretagne a été réglé de cette manière . Pourquoi ne pas faire la même chose en Guyane ?

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  • Notre planète est devenu un petit village dans lequel nous sommes tous dépendants les uns des autres mais aussi solidaires des autres . Et lorsque notre petit village est menacé il nous faut nous tous mobiliser . c’est une guerre de longue haleine que nous devons mener contre le réchauffement climatique mais aussi contre la disparition des insectes polinisateurs que sont les abeilles . Celles ci sont en train de disparaître à vitesse grand V et nous devons réagir non seulement au niveau de chaque pays mais au niveau international .

    Que ce soit pour lutter contre le réchauffement climatique il nous faut nous rassembler et non nous diviser et accepter que certaines décisions nous échappent parce qu’elles doivent être prises un niveau supra national . Nous avons pu gagner les deux guerres mondiales de 1914 et de 1939 en acceptant un commandement unique des opérations . Notre guerre contre le réchauffement climatique mais aussi contre la disparition des abeilles et autres insectes polinisateurs exige la même chose.

    Si non nous risquons de provoquer un conflit généralisé entre ceux qui seront pour une gestion internationale des ressources énergétiques et ceux qui voudront garder à tout prix leur liberté d’agir dans ce domaine . Mais chacun sait qu’avec les armes dont nous disposons actuellement n’importe quel conflit généralisé pourrait nous renvoyer à l’âge de pierre . Ce serait le comble !. Retourner à 10000 ans en arrière en voulant nous sauver . Les humains seraient ils les animaux les plus stupides de cette planète ?

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  • Sur la question des forages et de l’exploitation du pétrole au large du département de Guyane, il est logique de laisser la (les) décision(s) aux autorités locales qui sont le plus directement à l’écoute de leurs électeurs.

    Les opposants métropolitains aux énergies fossiles, s’ils peuvent émettre des avis sur les conséquences de l’exploitation de ces ressources, ne peuvent en aucun cas s’immiscer dans un débat sur l’exploitation du pétrole guyanais car seule, la population de ce département est concernée. Cela impactera leur vie, leur économie, leur avenir.

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