Bac 2021, le défi des jours heureux

7 juillet 2021, par David Gauvin

Le baccalauréat 2021 a rendu son premier verdict hier. Nous tenons d’abord à féliciter les lauréats et d’assurer tout le courage qui faut pour les candidats qui préparent la deuxième cession. Nous tenons aussi à associer à ces remerciements les parents et la communauté éducative.

En France, le baccalauréat, souvent appelé bac, est un diplôme national sanctionnant la fin des études secondaires générales, technologiques ou professionnelles. Il correspond au niveau international CITE/ISCED 3 et au niveau 4 de la nomenclature des niveaux de formation en France. La réussite à cet examen (conditionnée par l’obtention d’un nombre de points supérieur ou égal à 50 % du total possible) est la norme pour accéder à l’enseignement supérieur. Le baccalauréat est considéré comme le premier grade universitaire, l’examen des candidats étant jusqu’au début du xxe siècle effectué exclusivement par les professeurs des facultés des lettres et des sciences.

Le mot baccalauréat est issu de l’altération de l’ancien français bacheler qui lui-même dérive du latin médiéval baccalarius. Baccalarius signifie en bas latin : petit propriétaire d’une baccalaria, sorte de métaierie. Ainsi « bachelier » signifie à l’origine gardien ou petit propriétaire de vaches. Au Moyen Âge, le mot désigne un propriétaire de quelques bachelles de terre. Le mot évolue vers la signification de jeune homme pourvu de quelques biens, avec un statut proche de l’écuyer. Baccalaureus est attesté depuis la moitié du xve siècle au sens de « jeune homme qui aspire à être chevalier ». Il évolue ensuite vers celui de jeune homme libre, pas encore marié (voir bachelor anglais ou encore bachelette en ancien français pour désigner une fille à marier). C’est ensuite métaphoriquement que le rapprochement avec la couronne de lauriers bacca lauri qu’on pose sur la tête des plus méritants se fait, évoluant vers la notion actuelle de bachelier en tant que premier grade universitaire, les docteurs parant le front des nouveaux bacheliers de baies de laurier. Le terme est apparu au sein de l’université de Paris au XIIIe siècle pour désigner un grade intermédiaire vers la maîtrise ès arts ou les doctorats en droit, en théologie et en médecine, il s’est répandu ensuite dans les autres universités de France et en Angleterre via l’université d’Oxford. Il fut repris par Napoléon Ier lors de l’instauration de l’université de France en 1808, au sein de laquelle les baccalauréats ès lettres et ès sciences, dont est directement issu le baccalauréat général actuel, reprirent en partie le rôle de la maîtrise ès arts dans les anciennes universités.

La cession 2021 devait marquer la première fois du nouveau bac voulu par le gouvernement. Le savent-ils, les 715 000 lycéens qui viennent de vivre la première édition du « bac Blanquer », qu’ils représentent, pour l’institution scolaire, bien plus que la « génération Covid-19 » ? Avec eux, l’examen bicentenaire, érigé au fil du temps en symbole de l’immobilisme politique en matière d’éducation, a amorcé sa mue : cette génération née à l’aube des années 2000, et dont le parcours scolaire a été émaillé de réformes (celle des rythmes en 2013, celle du brevet en 2017, celle du lycée aujourd’hui), apporte la preuve que l’on peut, même en décrochant le titre de bachelier avec moitié moins d’épreuves finales, se voir coiffé de la « bacca laurea » − la couronne de lauriers, comme disaient les Anciens. Avec quelques craintes avant l’échéance, pas mal de couacs pendant l’examen, mais pas moins d’émotion à l’issue de la session.

Mais cette génération est déjà confrontée aux difficultés de l’orientation, les portes des formations sélectives n’ont jamais été aussi peu accessibles pour les élèves issus des milieux populaires. On leur parle déjà de leur examen au rabais. Ils ont du vivre deux années entières de tâtonnement de l’institution scolaire et subir des examens mal préparés. Néanmoins, cette génération a prouvé qu’elle pouvait faire contre mont et marée et arriver à bon port. Nous ne pouvons que leur souhaiter de réaliser leur rêve et d’aller aussi loin qu’ils le peuvent. Nous devons raccorder à la jeunesse le droit de rêver d’une vie meilleure. Le soi-disant pragmatisme veut empêcher les jeunes, surtout issus de milieu défavorisés, de croire en leur capacité de changer leur vie et changer leur monde. Nous devons ensemble relever le défi des jours heureux.

« Soyez toujours prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre Promesse scoute même quand vous aurez cessé d’être un enfant – et que Dieu vous aide à y parvenir ! » Robert Baden Powell

Nou artrouv’

David Gauvin

A la Une de l’actu

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus