Edito

Bolivie et Brésil : coups d’État contre le climat

Manuel Marchal / 19 novembre 2019

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Un communiqué de Greenpeace explique l’aggravation de la déforestation en Amazonie.

« Selon les données du Projet de surveillance par satellite de la déforestation en Amazonie légale (PRODES) publiées aujourd’hui par l’Institut brésilien de recherche spatiale (INPE), la déforestation en Amazonie a atteint 9 762 km² entre août 2018 et juillet 2019, soit l’équivalent des départements du Rhône et de la Drôme réunis. Cela représente un bond de 30 % par rapport à l’année précédente et correspond au taux le plus élevé enregistré depuis 2008.

« Le gouvernement de Jair Bolsonaro détruit pratiquement tout le travail accompli au cours de la dernière décennie pour protéger l’environnement, déplore Cécile Leuba, chargée de campagne forêts chez Greenpeace France. Le programme anti-environnemental du président brésilien contredit toute ambition du pays en matière de lutte contre la déforestation, favorise l’impunité des auteurs de crimes contre l’environnement et encourage la violence contre les peuples autochtones ». »

Cette annonce intervient dans le contexte du coup d’État en Bolivie. Car jusqu’alors, le MAS d’Evo Morales au pourvoir a fait de la Bolivie un des fers de lance de la lutte contre le changement climatique qui passe par un changement de civilisation. Ceci eut pour conséquence de redonner aux Indiens des responsabilités, chose qui leur était interdite depuis la colonisation espagnole voici 500 ans.
Le gouvernement légitime bolivien considère comme une priorité le respect de Patchama, la Nature. Ce respect est une des conditions de la survie du peuple bolivien, car une grande partie de ses ressources en eau vient des glaciers des Andes. Ces derniers sont menacés par la fonte accélérée causée par la pollution créée par les émissions massives de gaz à effet de serre. C’est sur cette base que la Bolivie, alliée aux Etats de l’ALBA et aux Etats insulaires notamment, avait fait capoter le coup de force tenté par les Etats-Unis à la conférence de Copenhague, qui voulaient imposer un accord protégeant les pollueurs historiques.

Cela signifie que la contre-offensive réactionnaire en Amérique latine a pour conséquence de remettre en cause de nombreux efforts dans la lutte contre le changement climatique. Force est de constater que les dirigeants occidentaux, notamment les Européens, ont soutenu le coup d’État au Brésil qui chassa le Parti des travailleurs du pouvoir, et en Bolivie. Un comble pour des gouvernements qui veulent se faire passer pour des champions de la lutte contre le changement climatique.

M.M.