Application de l’APE : vers plus de chômeurs que de salariés à La Réunion
8 août, parUne catastrophe se prépare dans l’indifférence
5 mars 2005

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Cher Paul,
Je sais que tu n’accordes pas une grande importance à ce genre de célébration, où se mêlent la banalité d’un événement ordinaire de la vie d’une personne - une année civile de plus inscrite au calendrier - et un fait privé. Je sais aussi que tu n’aimes pas tout ce qui s’apparente, à tort ou à raison, à ce l’on appelle le “culte de la personnalité”. Tu penses donc qu’il n’y a pas lieu de faire grand cas de ce 5 mars, jour de ton 80ème anniversaire.
Et pourtant, tu sais bien que pour beaucoup - sinon la quasi totalité - des Réunionnais et pour toutes les personnes qui te connaissent sur Terre, un tel anniversaire n’est pas sans signification ni sans importance. Car il représente près de trois-quarts de siècle de luttes au service de ton île et du monde. Et que cela mérite d’être célébré, car c’est un bel exemple pour chacun de nous.
Depuis ton plus jeune âge, où tu accompagnais ton père, le docteur Raymond Vergès, et ses compagnons dans leurs combat pour la décolonisation de La Réunion, tu a épousé la cause du peuple réunionnais et toutes les grandes causes de tous les peuples du monde. C’est d’ailleurs pourquoi, dès l’âge de 17 ans, avec ton frère Jacques et d’autres jeunes Réunionnais, tu es parti risquer ta vie dans les combats pour libérer la France et l’Europe du nazisme.
Après la victoire, tu as continué le combat pour la liberté : celle des peuples colonisés, celle des travailleurs exploités, celle des victimes du racisme, celle des femmes opprimées, méprisées.
Tu as continué, sans jamais t’arrêter, sans jamais te laisser décourager par la répression, ni impressionner par les mensonges et les injures.
Tu as continué, sans jamais croire que tu détenais seul toute la vérité, sans jamais céder au sectarisme, en cherchant toujours à rassembler dans leur diversité toutes les bonnes volontés autour des idées les plus justes. En essayant de voir le plus loin possible et en agissant sur la base de principes dans le cadre d’une alliance loyale.
Certes, tu as parfois échoué car la vie militante est ainsi faite et que ce n’est pas facile d’aller à l’encontre des idées dominantes. Mais malgré les nombreux coups durs, tu n’a jamais cédé, ni à la lassitude, ni à l’opportunisme, ni à l’impatience. Et tu as souvent gagné. Car les combats justes finissent toujours par l’emporter. Et ainsi tu as fait progresser La Réunion et les Réunionnais.
Aujourd’hui, tu continues à servir La Réunion et le monde. Toujours avec la même détermination. Et toujours avec le même désintéressement. En unissant les Réunionnais autour d’un grand projet de développement durable et solidaire.
Et tu voudrais que nous ne te souhaitions pas un bon anniversaire...!?
Donc bonne fête à toi, Paul. Et merci de nous rappeler chaque jour que le plus important n’est pas ce que l’on fait pour soi, ni même ce que les autres peuvent faire pour nous mais ce que nous devons faire pour les autres.
L. B.
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