Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
17 juin 2016, par

À 6 jours du referendum sur le maintien ou la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, la campagne a pris un tour dramatique avec l’assassinat hier de la députée Jo Cox. Membre du Parti travailliste, elle était en campagne pour le « oui » à l’Europe quand elle a été tuée par une personne suspectée de sympathie avec l’extrême droite. Des témoins indiquent que le meurtrier aurait crié « Britain first » au moment de son acte, c’est le mot d’ordre des partisans de la sortie de l’Union européenne. À la suite du décès de Jo Cox, le Parti travailliste qui soutient le maintien dans l’Union européenne a décidé de suspendre sa campagne électorale.
Mercredi, la veille de sa mort, les pêcheurs partisans du non à l’Europe avaient organisé un défilé de bateau sur la Tamise et sont remontés jusqu’à Londres. Riveraine du fleuve, Jo Cox était alors montée sur un canot avec son mari et ses enfants et s’était dirigée vers la flotille brandissant un drapeau « In », contrariant l’opération médiatique des partisans du Brexit.
Ce drame rend plus incertain le résultat du référendum du 23 juin en Grande-Bretagne. Il suscite une vive émotion et ce sentiment peut expliquer des résultats électoraux surprenant. Le 6 mai 2002, Pim Fortuyn était tué à la sortie d’une émission de radio à 9 jours des élections législatives aux Pays-Bas. Il était le chef d’un parti créé 3 mois plus tôt. Au soir du scrutin, la liste Pim Fortuyn était devenu le 2e parti du pays, avec 17 % des voix.
Le 11 mars 2004, trois jours avant les élections législatives en Espagne, plusieurs attentats ont fait plus de 200 morts à Madrid. Aussitôt, le gouvernement a accusé l’organisation ETA d’être responsable du massacre. Mais il s’est avéré rapidement que ces accusations ne tenaient pas, car c’est Al Qaïda qui avait posé les bombes. Le gouvernement était donné gagnant par les sondages, il était un fidèle allié de Bush et soutenait la guerre en Irak. En trois jours, l’opinion s’est totalement retournée, offrant une victoire inattendue aux socialistes.
Jusqu’à hier, la tendance était à la progression du non à l’Europe selon plusieurs sondages. Si cela se confirmait dans les urnes, ce serait une grande victoire pour l’extrême droite européenne. En France, cela renforcerait le FN qui pourrait dire : vous voyez, c’est possible de sortir de l’Europe, un pays aussi important que la Grande-Bretagne l’a fait. L’émotion va-t-elle changer la donne ?
J.B.
Nos peines
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