Edito

« C.S.C. »

Philippe Yee-Chong-Tchi-Kan / 21 septembre 2020

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En football, un but « c.s.c. » désigne un point marqué par un joueur dans les buts de sa propre équipe, un but « contre son camp ». Le point est accordé à l’adversaire, évidemment, mais l’équipe ne tient pas (trop) rigueur au joueur fautif car tout le monde comprend qu’il s’est agi d’un geste accidentel, malencontreux, involontaire.

Il en serait autrement si ce joueur marquait contre son camp à l’occasion de 9 matchs sur les 18 de la saison. Le caractère intentionnel de la faute ne ferait aucun doute. Et cela serait encore pire si ce joueur opérait sous les directives et avec la bénédiction de son entraîneur-recruteur. Ce dernier usant de sa position de pouvoir dans le club pour faire jouer son poulain à tous les postes stratégiques.

Non seulement une telle formation serait la risée de tout le paysage sportif. Mais la compétition n’aurait plus aucun sens. Les adversaires auront vite fait de comprendre comment remporter les épreuves en alimentant les motivations qui animent le joueur scélérat.

En conséquence, les partenaires-sponsors retireraient leur confiance à l’équipe. Mais les premières vraies victimes seraient les autres joueurs qui s’efforçaient loyalement de promouvoir et défendre les valeurs du club ; de même que les supporters, fidèles bénévoles qui investissent de leur temps et de leurs deniers pour faire vivre l’esprit fondateur du club. Sanction ultime, le mépris populaire rejaillirait sur tous les membres du club, y compris les juniors et les poussins…

Tous les regards se tourneraient alors vers le Président du club pour qu’il mette de l’ordre dans son équipe, comme n’importe quel club le ferait en pareille situation, par respect de l’esprit et des valeurs indérogeables du club, par justice pour les joueurs loyaux et en l’honneur des supporters fidèles (les valeureux du passé et les courageux du présent). En priant pour qu’il ne soit pas, lui aussi, complice de la félonie.

Philippe Yée-Chong-Tchi-Kan