Edito

Catastrophes naturelles : deux poids deux mesures

J.B. / 23 octobre 2018

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Hier, le président de la République était aux côtés des sinistrés des inondations survenues dans l’Aude une semaine auparavant. Rappelons que des pluies diluviennes avaient fait monter brutalement le niveau des cours d’eau dans la nuit du 14 au 15 octobre. Cela avait causé la mort de 14 personnes. À ces drames humains s’ajoutent des dégâts matériels importants. Dès le lendemain de la catastrophe, le Premier ministre s’était rendu sur place. Et le 18 octobre, un arrêté de catastrophe naturelle a été publié au « Journal officiel ». Il s’est appliqué immédiatement aux régions sinistrées.

L’arrêté de catastrophe naturelle a permis d’agir immédiatement pour accélérer les indemnisations. En effet, dès la publication de cet arrêté, l’assuré est en droit d’être indemnisé trois mois après la remise à son assureur de l’état estimatif des biens endommagés, ou trois mois après la date de publication de l’arrêté si cette dernière est postérieure. Il doit aussi recevoir dans les deux mois une première provision sur l’indemnisation. Cela veut dire qu’à la mi-janvier, tous les sinistrés assurés auront reçu une somme leur permettant de réparer les dommages subis.

Le 24 avril dernier, la tempête Fakir a touché La Réunion, entraînant des phénomènes cycloniques. De fortes pluies ont provoqué inondations et glissement de terrain. Fort heureusement, aucun décès ne fut à déplorer, mais les dégâts sont considérables, avec de nombreuses maisons devenues inhabitables. Il a fallu deux mois pour que le gouvernement ne prenne véritablement la mesure du sinistre, car l’arrêté de catastrophe naturelle n’a été publié que le 23 juin. Ce retard a d’importantes conséquences, car les sinistrés ont dû se débrouiller sans bénéficier de la procédure d’indemnisation accélérée. De plus, l’arrêté de catastrophe naturelle ouvre l’accès au Fonds de solidarité outre-mer qui peut prendre en charge la réparation de pertes liées à des biens non-assurés, sous condition de ressource. La situation économique de La Réunion est en effet si grave que de nombreuses familles n’ont pas la possibilité d’assurer leur maison.

Trois jours dans un cas, deux mois dans l’autre, en termes de catastrophe naturelle, entre un département situé en France et celui de La Réunion, ce sont deux poids deux mesures.

J.B.