Application de l’APE : vers plus de chômeurs que de salariés à La Réunion
8 août, parUne catastrophe se prépare dans l’indifférence
2 mai 2005

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Dans l’esprit du raisonnement méprisant de Jean-Claude Fruteau ("donn’pa in koup d’pié dann out zasièt manzé"), les partisans du "oui" à La Réunion concentrent leurs arguments sur "l’argent de l’Europe". En clair, ils nous disent : l’Europe accorde des crédits à La Réunion, alors vous n’avez pas le droit de critiquer le projet de traité, mais vous devez dire “merci”.
On n’imagine pas un tel argument utilisé vis à vis de régions de Métropole. Serions-nous moins européens que les autres pour faire dépendre notre citoyenneté à ce rapport exclusif aux crédits européens ? Dans ce type d’"argument", faut-il rappeler que si nous bénéficions de tels crédits, c’est sur la base de critères objectifs, comme d’autres régions en retard de développement, et que précisément, ces crédits risquent à l’avenir de diminuer avec ce traité ? Faut-il aussi souligner tout ce que l’Outre-mer apporte à l’Europe, notamment sur les plans géo-stratégiques et géo-économiques...?
Nous pensons qu’il faut dénoncer avec la plus grande fermeté cette dérive dans le débat, ce chantage à l’argent pour prendre en otage psychologique le vote des Réunionnais. Dans cette attitude tant du colonialiste que du colonisé qui s’ignore, certains, à trop vouloir démontrer, sombrent dans l’excès et émettent des contre-vérités ; ainsi, dans la dernière émission "Les nouveaux défis" conçue par l’ADIR et diffusée sur RFO-Télé, des sujets de propagande dignes de l’ORTF des années 60 ont tenté de faire apparaître tous les chantiers co-financés par l’Europe comme le mérite exclusif de celle-ci, en éludant la contribution souvent principale des acteurs locaux.
Mais à trop vouloir démontrer, on commet des erreurs ; ainsi, et ce n’est pas la première fois, la Route des Tamarins a été présentée comme un grand chantier de l’Europe ; pas de chance : cette réalisation est financée à hauteur de 90% sur fonds propres par la Région, l’Europe contribuant à hauteur de 10%. Il ne s’agit pas de sous-estimer cette contribution, mais simplement de respecter la vérité.
L’apport de l’Europe en termes de co-financements des investissements à La Réunion est suffisamment important par ailleurs pour ne pas avoir à en rajouter... sauf à être obsédé, comme les partisans du "oui", par cette unique aspect. Esprit colonisé, quand tu nous tiens...!
L. B.
Une catastrophe se prépare dans l’indifférence
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