Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
15 juillet 2009, par

Hier, la République française a célébré sa Fête nationale commémorant le 220ème anniversaire du soulèvement populaire ayant conduit à la Révolution puis à l’abolition de la monarchie. Cela s’est passé à Paris, le 14 juillet 1789, avec la destruction de la Bastille, symbole de l’arbitraire royal avant que la nuit du 4 août mette fin aux privilèges.
Au-delà des flonflons des festivités populaires et officielles, que signifie la célébration d’un tel événement ? Quel sens pouvons-nous lui donner d’un point de vue réunionnais ? Peut-on accepter que la réalité réunionnaise continue d’être telle que nous la connaissons aujourd’hui avec 52% de la population condamnés à vivre sous le seuil de pauvreté, 115.000 Réunionnais sur 320.000 en âge de travailler privés du droit à l’emploi et — de ces faits — une société déchirée par de fortes inégalités (un Réunionnais sur deux vit avec moins de 790 euros par mois) ?
Peut-on continuer de ne pas voir les effets dramatiques de cette politique discriminatoire et arbitraire quand
• explose le surendettement des ménages (plus 70% au premier trimestre, contre 16% en France) ;
• ne cesse de croître le nombre de personnes en difficulté contraintes de recourir aux services des associations humanitaires pour récupérer des colis de survie ;
• sont jetés au chômage des centaines d’assistants d’éducation ;
• sont menacés de licenciement — pour fait de grève — 19 employés du Crédit Agricole traînés devant la Justice…
On se rappelle que — le 9 mai dernier — en plein congrès du PCR, Paul Vergès a lancé un solennel appel à « la croisade des Réunionnais contre la pauvreté » et qu’intervenant à la tribune, un délégué a plaidé pour l’abolition de la misère dans notre pays.
Après cela, pourrait-on fêter le 14 Juillet et en oublier la signification ?
Pense-t-on qu’il soit possible de régler le problème de la pauvreté à La Réunion sans abattre les privilèges néo-coloniaux qui la génèrent ? 63 ans après l’abolition du statut de colonie, n’est-il pas temps d’abattre ces deux Bastilles que sont le chômage et la pauvreté ?
L. B.
Nos peines
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