Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
20 janvier 2018, par

Hier, plusieurs membres du Collectif des députés de La Réunion ont rencontré des conseillers de la ministre de la Santé. Il s’agissait d’Ericka Bareigts, Nathalie Bassire, Huguette Bello et Jean-Hugues Ratenon. Les députés ont soutenu une demande de subvention de 50 millions d’euros demandée par la direction pour un investissement de 110 millions d’euros pour le site de Saint-Pierre du CHU, indique le communiqué. Les députés ont également manifesté leur soutien au CHU, sans que les détails de la crise soient évoqués dans le communiqué.
C’est pourtant cela l’essentiel, car face à un déficit qui s’est creusé ces dernières années, la direction envisage un plan de licenciements. Les dirigeants actuels sont aux commandes depuis plusieurs années, leur responsabilité est donc engagée tout comme celle du président du Conseil d’administration qui fait confiance à cette direction. Les causes du déficit sont connues. Ce sont tout d’abord des embauches massives alors qu’un plan de résoption de la précarité venait d’être accompli. Ce sont ensuite des surcoûts dans des travaux qui auraient pu être évités. Les plans utilisés étaient trop anciens, ce qui impose de revoir l’aménagement d’un bâtiment après sa construction. Et selon le plan de réduction du déficit soutenu par la direction, ce sont les travailleurs qui doivent payer les erreurs car une vague de licenciements est prévue.
Au cours de cette rencontre, le directeur-adjoint du cabinet de la ministre de la Santé a mis le doigt sur un autre fait essentiel. Le communiqué des députés rapporte en effet que le conseiller « a également fait part aux députés de la volonté de redonner au CHU de La Réunion la place qu’elle a occupée dans le paysage hospitalier français. Le CHU de La Réunion doit redevenir « cette pépite qui rayonne non seulement dans l’océan Indien mais aussi au milieu des 32 CHU français » ».
Le conseiller rappelle ce qui était la raison d’être du CHU de La Réunion, quand l’idée avait été exposée par Paul Vergès à Dominique de Villepin, Premier ministre, quand notre île était confrontée à l’épidémie de notre chikungunya. Le CHU n’était pas un outil seulement au service de La Réunion, mais de toute notre région. C’était donc un CHU prévu pour un bassin de population de 30 millions d’habitants à l’époque. C’est cette ligne qui a été suivie au début. Ce n’est manifestement plus le cas à en croire les propos attribué à un conseiller de la ministre de la Santé. Il est donc temps d’arrêter ce gâchis et de redonner au CHU de La Réunion la mission pour laquelle il a été pensé. Les besoins dans ce domaine reste immenses, et permettraient aussi à nos voisins d’avoir un autre regard sur la place de La Réunion dans sa région.
J.B.
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