Edito

Combien de planteurs vont-ils abandonner la canne à sucre l’an prochain ?

J.B. / 17 septembre 2018

JPEG - 179.9 ko

Depuis le début de la campagne sucrière, les usines de Tereos n’ont pu fonctionner pendant 24 jours. En panne depuis la semaine dernière en raison d’un problème à la centrale thermique qui lui fournit l’énergie, l’usine de Bois-Rouge doit rouvrir aujourd’hui.

Ces 24 jours sont autant de pertes pour les planteurs. En effet, une canne à sucre coupée pour être livrée à un jour précis perd ensuite de sa valeur marchande quand elle reste au bord du champ plusieurs jours. Car quand l’usine chargée de traiter les cannes vendues par les planteurs ne fonctionne pas, l’industriel n’achète pas les cannes, laissant le planteur se débrouiller.

En plus, ces journées de panne ne donnent lieu à aucune indemnisation de la part de l’industriel.Cela traduit une fois de plus l’inégalité des rapports dans la filière où un seul industriel peut faire passer ses intérêts avant ceux de plusieurs milliers de planteurs.

Cela s’ajoute aux effets de la météo, qui laissent présager la récolte la plus basse depuis 40 ans, avec un tonnage prévu inférieur à 1,6 million de tonnes de cannes vendues à Tereos. Dans ces conditions, se pose la question de savoir le nombre d’agriculteurs qui vont arrêter de planter de la canne à sucre en raison de ces difficultés, aggravées en raison de la structure de la filière.

J.B.