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26 octobre 2010, par

Le combat pour une réforme plus juste des retraites se poursuit, malgré les innombrables passages en force de l’exécutif. Comme c’est la règle depuis la grande mobilisation contre le projet Juppé-Chirac de 1995, une large partie des médias prend le parti du gouvernement contre le mouvement social.
Non pas – ou pas toujours - en reprenant ouvertement et explicitement l’argumentaire de l’UMP. Non pas –ou pas toujours- en attaquant ouvertement le mouvement social.
Presse, écrite, télévisions, radios… les faiseurs d’opinions font leur beurre de "l’objectivité", et prétendent décrire sans parti-pris des mouvements sociaux qui s’étendent dans le pays, les millions de citoyens qui y participent et ceux, plus nombreux encore, qui les soutiennent.
Il suffit pourtant d’entendre comme ils en parlent pour comprendre ce que valent les proclamations de neutralité, d’indépendance, d’objectivité. A longueur d’écrans et de colonnes, sur les ondes, ce ne sont que comptes-rendus des protestations d’usagers en colère et d’automobilistes révoltés. Mieux : à l’occasion de la grève, les médias redécouvrent l’existence des travailleurs, et même, parfois, de l’ouvrier. Celui-là même dont elle célèbre la "mort" ou la disparition à coup de kilomètres de lignes depuis plus de 30 ans. Bien entendu, le travailleur qui intéresse cette presse, ce n’est pas le syndicaliste fainéant qui cesse le travail pour se rendre aux défilés. Ce qui l’intéresse, c’est le "bon" travailleur. Celui qui est prêt à bosser jusqu’à perpétuité, et qui s’indigne de ne pas pouvoir sauter dans sa bagnole ou prendre le train pour aller se faire tondre à l’usine ou au bureau.
Plus la mobilisation prend de l’essor, plus l’information sombre dans le pathétique à bon marché. Il y a quelques jours, une chaine de télévision diffusait un reportage larmoyant montrant une entreprise « contrainte » à licencier du fait des grèves. Un traitement qui tranche avec la manière dont les mêmes médias rendent compte des délocalisations, qui depuis plus d’une décennie, jettent à la rue des centaines de milliers de travailleurs. Quand le patron-voyou qui met à la porte, c’est normal. Après tout, c’est la mondialisation, et finalement, c’est bien fait : le salarié n’avait qu’à être plus productif et moins avide de salaires et de protection sociale. Et que dire de l’usage sempiternel, ressassé et ruminé des mots-valises de temps de manifs : crise, casseurs, blocages... Comme si le capitalisme fauteur de crise avait fait autre chose que casser, aux quatre coins du monde, les systèmes sociaux, les moyens de travail, les vies, tout en se cassant lui-même et en finissant pas se casser la figure dans la crise des subprimes. Comme si ceux qui le servent, à commencer par Nicolas Sarkozy, Eric Woerth et consorts, faisaient autre chose que bloquer la jeunesse, le travail et l’avenir du pays.
G.G.-L.
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