Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
21 mai 2013, par

Les patrons de la SERMAT avaient commencé à discuter avec les représentants des travailleurs de la réorganisation du service de la maintenance portuaire et donc de l’avenir de l’entreprise. L’idée dominante était de transférer la maintenance à une société extérieure. Mais, au fil de la discussion, il est apparu la question du licenciement de 19 personnes sur les 43 que comptent la SERMAT. Une telle annonce a provoqué une réaction vive et spontanée des travailleurs. Et, c’est la grève. Cela entraîne des désagréments pour beaucoup de monde.
D’emblée, l’opinion est orientée contre les travailleurs, accusés de mettre l’économie réunionnaise à terre. L’amalgame est vite fait : c’est le syndicat CGTR ! C’est au Port, donc communistes ! Et, pour corser le tout, une manifestation est organisée par un noyau de patrons. Direction la Préfecture. Dépôt de motion. Des médias montent l’opération en épingle. Par exemple, le Président de la CCIR tombe dans le panneau alors qu’il aurait pu jouer un rôle de médiation. D’ailleurs, son Vice-Président, le très médiatique patron Caroupaye, a reconnu publiquement la gêne causée à l’économie mais a apporté son soutien aux travailleurs du Port. Les lecteurs de "Témoignages" seraient bien inspirés de garder la photo de cette manif patronale, car celle-ci est pleine d’enseignements, en particulier sur la composition du groupe. Dès ce moment, nous avions écrit ici-même que c’était le plus mauvais service à rendre aux patrons de la SERMAT, et un mauvais signe envoyé en direction de la population en cette période de chômage extrême. A moins de croire que l’entreprise n’est pour rien dans la dégradation de la situation sociale.
La tentative d’instrumentaliser d’autres acteurs au profit des patrons de la SERMAT et la politisation du conflit par le MEDEF se sont heurtées à la réaction des grévistes qui ont eu le soutien total du PCR et de la Ville du Port, et surtout du Sénateur Paul Vergès qui connaît très bien l’histoire sociale du Port. Son intervention a permis de clarifier la nature du conflit. D’où son appel à traiter la situation sous 48 heures.
Désormais les choses sont encore plus claires. Tous ceux qui veulent la fin du conflit doivent conseiller aux patrons de la SERMAT d’abandonner leur funeste décision car leur position est intenable. Ils ont été démasqués. Le coup a tellement porté que le "JIR" a rédigé un éditorial incendiaire contre le PCR, au lieu de réclamer de la transparence à la SERMAT. Plus personne ne croit à la fable de l’entreprise en difficulté économique obligée de licencier du personnel. S’il y a un secteur florissant, c’est bien celui de la manutention. Sinon, quelle société extérieure serait venue récupérer une activité déficitaire.
J.B.
Nos peines
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