Edito

Compagnie maritime régionale, souveraineté alimentaire et autonomie énergétique : propositions du PCR plus que jamais d’actualité

Manuel Marchal / 27 août 2021

Le communisme ne se distingue pas seulement par le fait qu’il dirige le pays qui redeviendra à très brève échéance la première puissance économique mondiale devant les Etats-Unis, il est aussi la source d’idées adaptées à un pays. C’est ce que rappellent trois propositions de longue date du Parti communiste réunionnais qui permettront de mettre définitivement les Réunionnais à l’abri de la hausse des prix des produits de première nécessité résultant de la flambée des prix du fret maritime, secteur livré à la spéculation pratiquée par l’aile la plus débridée du capitalisme mondialisé.

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Le gouvernement a annoncé hier qu’il existe de très faibles probabilités que le coronavirus soit éradiqué de France d’ici 3 mois. Compte tenu des liens étroits entre la France et les autres pays d’Europe confrontés à une situation sanitaire aussi grave, les effets de la pandémie COVID-19 ne sont pas près de s’atténuer en Europe : la crise sanitaire continuera à désorganiser l’économie de ce continent.

Or, La Réunion se singularise de ses voisins. Son premier partenaire commercial est la lointaine l’Union européenne et non pas la Chine bien plus proche, où le coronavirus a été circonscrit ce qui a permis à ce pays de maintenir sa dynamique. Ce choix politique est imposé par le régime néo-colonial mis en place pour s’opposer au développement de La Réunion par les Réunionnais.
De plus, en tant que département, La Réunion est intégrée à la France et à l’Union européenne. Sur le marché réunionnais, la production d’un pays sortant du régime colonial a été mise en concurrence avec la production de l’ancienne puissance coloniale, puis avec celle de l’Union européenne. Ce combat inégal a débouché sur la ruine de nombreuses productions désormais remplacées par l’importation, et par le passage d’une société de plein emploi à une société de pénurie d’emploi. La moitié de la population est condamnée au chômage, aux emplois précaires ou à l’émigration en France, c’est un rêve éveillé pour tout capitaliste à la recherche du profit maximum qui s’appuie sur la fameuse « armée de réserve » constituée par les travailleurs au chômage.

Une conséquence de ce régime néo-colonial est la forte dépendance de La Réunion aux produits importés, qu’ils soient des biens déjà fabriqués, ou des intrants indispensables à la production locale. Tous les transports à La Réunion dépendent de l’importation d’énergie, ainsi que la majorité de l’énergie. L’aliment de base des Réunionnais, le riz, est importé, tout comme de nombreux produits de première nécessité. Ceci est aggravé par le maintien d’une économie de comptoir, puisque la majorité des exportations est un produit agricole, le sucre, tandis que La Réunion est un juteux marché d’exportation pour l’industrie européenne qui recueille ainsi une bonne partie des transferts publics versés aux Réunionnais au nom de l’égalité sociale et de la solidarité nationale.

En raison de la pandémie de coronavirus, c’est la flambée du coût du transport maritime. Ce secteur a été depuis longtemps abandonné au capitalisme le plus décomplexé. Il constitue un marché mondial où la désorganisation causée par la pandémie a perturbé l’offre, encourageant la spéculation avec des prix multipliés par 3 voire 5. La Réunion n’est même plus capable d’évacuer ses déchets dangereux en raison du refus des exportateurs de déchets de s’aligner sur les prix pratiqués. Le patronat prépare l’opinion à une hausse des prix générale, en particulier pour les produits de première nécessité. Les plus pauvres seront les plus touchés.

Des différents éléments rappellent la pertinence de plusieurs propositions du PCR. Tout d’abord, depuis sa création, le Parti communiste réunionnais milite pour la liberté de pavillon : les Réunionnais doivent être libres de négocier des accords commerciaux concernant uniquement La Réunion et des partenaires commerciaux choisis par les Réunionnais. Ceci permettra de sortir de l’économie de comptoir.
Ensuite, les Réunionnais doivent avoir leurs propres bateaux afin de ne dépendre de personne pour leur ravitaillement. Cela passe par la création d’une compagnie maritime régionale, autre proposition de longue date du PCR.
Enfin, la lutte pour la souveraineté alimentaire et l’autonomie énergétique sont plus que jamais nécessaires. L’atteinte de ces deux objectifs mettra la population à l’abri des conséquences de crises dont les Réunionnais ne sont pas responsables et dont ils n’ont pas à payer le prix.

M.M.



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  • Le fret maritime , la cherté de la vie, l’autosuffisance alimentaire ,la compagnie régionale maritime ...Et j’en passe ...Autant de sujets d’actualité qui nous ramènent aux propositions du PCR qui datent et qu’on retrouve - pour ceux qui veulent bien s’informer- dans les diverses publications du Parti de Paul Vergès . Parmi elles ..." Le plan de survie de 1975 " , "Egalité et développement " d’octobre 1990 , "Pour un nouveau contrat social " en 2006 ....Et bien d’autres encore .. Qu’on le veuille ou non ,on n’en a pas fini de parler du PCR !

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  • 1990-2021, cela fait donc déjà plus de 30 ans ! C’est comme si cela était aujourd’hui et que l’on imagine 2051 ! Dès 2010, avec la bonne idée de train péi,un TER reliant Ste Rose à St Joseph, jamais relié par voie ferrée, il roulerait déjà et ferait la fierté des réunionnais, servirait même d’exemple pour les autres territoires, îles ou rattachés aux continents. Hélas, c’est l’inverse qui est là que l’on doit supporter et encore pour des années avec une NRL non achevée et non payée, de la pollution qui rend malade elle aussi, des sempiternels bouchons qui rendent au final, les gens résignés, replés sur eux-même, enfermés dans des voitures fumantes pour la plupart, merci pour nos poumons, ceux de nos enfants nés ou à naitre. Mais comme nous sommes dans une société qui prône l’individualisme, l’égoisme, le chacun pour soi, à grands coups de pub plus ou moins débiles, infantilisantes, n’avez-vous pas remarquer ? C’est vrai qu’à force, on finit, on risque de s’habituer, c’est comme pour les bichiques péi, il n’y en a plus, ils vont devenir des souvenirs, "c’était très bon en carri, on s’est bien régalé", " et oui, on vous a oublié, pardon", un peu facile tout ça non ? Bon dimanche zot tout, Arthur qui attend le train pour oublier ce qui fume pour se déplacer !

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